Factuel est allé à la rencontre de David Horwat, directeur des Relations Internationales de l’EEIGM, d’Amélie Bové, élève de cinquième année de l’EEIGM et d’Etienne Krafft, ingénieur diplômé en 2020.
Factuel : L'EEIGM forme des ingénieurs tournés vers l'international en général, avec un accent particulier sur le franco-allemand. Pourquoi cette ouverture internationale en génie des matériaux ?
David Howart : L'Europe fait face à une demande croissante d’ingénieurs pour soutenir des secteurs clés tels que la transition énergétique, la santé et les mobilités durables. Les matériaux jouent un rôle central dans la plupart des innovations liées à ces secteurs. L’EEIGM forme des ingénieurs européens spécialisés en matériaux couvrant l’ensemble du cycle de vie des différentes familles de matériaux depuis la transformation des matières premières jusqu’à leur recyclage ou leur valorisation. Ils maîtrisent quatre langues (Français, Anglais, Allemand et Espagnol) et sont habitués à évoluer dans un environnement international et multiculturel. Ils sont ainsi prêts à relever les défis techniques et scientifiques à l’international.
Factuel : Quels sont les débouchés ?
David Horwat : Les ingénieurs EEIGM se placent dans tous les secteurs industriels, en recherche et développement et en production. Les secteurs les plus représentés sont l’industrie des transports (automobile, aéronautique, aérospatial), la métallurgie, l’énergie, la chimie, la santé et l’environnement. Plus de 15% des diplômés choisissent de poursuivre en thèse de doctorat, en France ou à l’international. Ce choix s’explique par la formation par la recherche dans le cursus, renforcée par la réalisation d’un stage de recherche obligatoire.
Etienne Krafft : Les débouchés à l’issue de cette formation sont immenses, l’aspect généraliste en matériaux et l’ouverture européenne apportent une telle polyvalence qu’à l’issue de la formation, il est possible d’occuper des postes allant du technico-commercial à l’ingénieur de recherche en laboratoire en passant par les divers postes en production et ce quelle que soit la famille de matériaux.
Factuel : Comment définiriez-vous le franco-allemand ?
David Horwat : Tout d’abord, c’est le moteur économique de l’Europe avec des approches complémentaires dans les deux pays. L’alliance franco-allemande renforce également l’influence des deux pays au sein de l’Europe et sur la scène internationale. Enfin, en tant que pays voisins, la France et l’Allemagne nourrissent de nombreux échanges à différents niveaux et nos cultures sont suffisamment différentes pour nous permettre de nous réinventer en permanence afin de trouver des points de convergence, des synergies. Le franco-allemand est donc une formidable opportunité pour développer les échanges interculturels.
Amélie Bové : Pour moi, le franco-allemand est autant une question de proximité que d'Europe. Dans des régions frontalières comme la Moselle, il est important de savoir travailler avec nos plus proches voisins. Je pense que nous avons beaucoup à apprendre l'un de l'autre et il me semble nécessaire de conserver ce lien culturel qui nous unit, d’apprendre la langue, d’échanger… Au-delà de l'aspect frontalier, c'est également une question d'enjeux européens. Réussir à créer un lien entre deux régions, c'est ensuite faciliter les échanges entre ces deux pays puis avec d'autres pays voisins.
Factuel : Etienne, vous avez réalisé une mobilité d'une année à l'Université de la Sarre dans le cadre d'un semestre d'études et d'un semestre de recherche. Que vous a apporté cette expérience ?
Etienne Krafft : Mon semestre académique et mon semestre de recherche en Sarre m’ont permis d’approfondir mes connaissances dans le domaine de la métallurgie et ont développé mon intérêt pour le soudage et la fabrication additive métal. Aujourd’hui, je suis des projets dans le domaine de la fabrication additive métal en tant qu’Ingénieur au sein de l’Institut de Soudure basé à Yutz. Etant spécialisé en soudage, le parcours franco-allemand est un grand atout pour moi. Dans ce domaine, de nombreux acteurs de la métallurgie sont présents en Allemagne et le fait d’avoir suivi des cours en Allemagne et d’avoir pu échanger avec des Allemands pendant ma mobilité m’aide grandement lorsque je suis confronté à des articles en allemand ou pour interagir avec des fournisseurs d’équipement de soudage. En effet, le DVS (société allemande de la soudure) est très avancé dans le domaine et plusieurs grands fournisseurs sont allemands ou autrichiens.
Factuel : Amélie, vous avez réalisé une mobilité en Autriche, à Leoben. Pourquoi aller à Leoben ?
Amélie Bové : Après être partie en semestre d’étude à Luleå en Suède, je voulais axer mon second semestre sur la pratique de l'allemand, langue que j'apprends depuis très longtemps mais que je suis loin de maîtriser parfaitement. J'ai toujours apprécié l'allemand, d'autant plus que cela peut s'avérer nécessaire en habitant si proche de la frontière. Cependant, je manquais de pratique au quotidien. Deux choix s'ouvraient donc à moi : Sarrebruck en Allemagne ou Leoben en Autriche, dont l’université vient de rejoindre le consortium de l’EEIGM. Sarrebruck étant très proche de chez moi et voulant découvrir quelque chose de nouveau, c'est finalement Leoben, au cœur des montagnes et de l'Europe, qui a su s'imposer.
Factuel : Que retenez-vous de cette expérience ?
Amélie Bové : Tellement de choses ! Je ne pensais pas que mon semestre allait être aussi riche. Tout d'abord, j'ai découvert une nouvelle culture, que je pensais naïvement être similaire à la culture allemande. J'ai rencontré des Autrichiens, mais également des étudiants du monde entier. La diversité de cultures à Leoben est tellement riche : je pense que c'est cela qui m'a le plus ouvert l’esprit. J'ai tellement appris sur le monde et sur les différentes traditions dans cette petite ville d'Autriche. Pendant ce semestre, j'ai également pu voyager au cœur des capitales européennes. L'Autriche est entourée de beaucoup de pays, tous ayant une histoire propre et une riche culture. Tous ces voyages m'ont permis de découvrir davantage l'Europe et de comprendre un peu plus le sentiment d'appartenance européen. Enfin, j'ai pu découvrir l'Autriche, un pays avec de très jolies villes et des paysages alpins époustouflants.
L'EEIGM : une école d'ingénieurs tournée vers l'international