Bruncher les pieds dans l’eau

 
Publié le 20/02/2017 - Mis à jour le 5/05/2023

L’Institut Européen d’Écologie (IEE) de Metz a ouvert ses portes au Brunch le 7 février dernier pour une table ronde sur la gestion des risques naturels. Marie-Anne Isler Beguin, présidente de l’IEE, a accueilli les participants dans ce lieu emblématique qu’est l’ancien cloître des Récollets où se sont donc réunis plusieurs spécialistes de l’environnement et de l’écologie pour discuter des enjeux environnementaux, économiques et sociétaux de la prévention des inondations.

Pour ouvrir la table ronde, Franck Rogovitz, chef de mission Développement durable et solidaire à la Ville de Metz, a rappelé que les inondations sont des préoccupations d’actualité. Alors que de prime abord on peut penser à certains avantages -fertilisation des sols, biodiversité, recharge des nappes- il ne faut néanmoins pas sous estimer les conséquences néfastes que cela peut avoir sur les infrastructures et la population. La prise en compte du réchauffement climatique se révèle être un nouvel enjeu de taille dans la gestion des risques d’inondation puisqu’il influe de plus en plus sur l’affluence des eaux.

À la suite de l’ouverture de M. Rogovitz, Blandine Caquet est intervenue en sa qualité de responsable scientifique des animations de l’association La Vigie de l’eau pour évoquer la nécessité de sensibiliser aux problèmes de l’eau douce. Une sensibilisation qu’elle mène grâce à des maquettes interactives qu’elle développe pour illustrer différentes problématiques liées à l’eau. La maquette qu'elle a présenté est intitulée "Aménagement du territoire et inondations".

Ces problématiques, Olivier Deck les étudie. Professeur dans l’UMR GeoRessources et Responsable du département GéoIngénierie à l’École Nationale Supérieure des Mines de Nancy, il a présenté son approche scientifique à la table ronde en revenant sur l’ambiguïté des termes utilisés pour parler des inondations. « Risque », « aléa », « probabilité », « vulnérabilité », autant de notions qu'il est nécessaire de partager pour mieux comprendre l’étude des risques naturels. À l’Université de Lorraine, l’objectif est de pouvoir développer les conséquences des aléas d’une inondation, c’est à dire d’évaluer les dommages.

Des dommages que Christophe Ratinaud peut constater auprès de la population puisqu’il fait partie des services de secours. Chef de département Gestion des Risques et des Crises au SDIS de Moselle et responsable pédagogique “Gestion des Crises” à l’École Nationale Supérieure des Officiers et Sapeurs-Pompiers, il a soulevé le problème du manque d’information sur les risques d’inondation. Selon lui : « la gestion de crise passe avant tout par la prévention et donc la communication autour des risques mais aussi par un rapprochement du SDIS et des collectivités locales pour apporter les meilleures réponses aux populations ».

Autre enjeu entourant ces réflexions sur les inondations, le réchauffement climatique présente un défi d’adaptation que nous devons relever pour pouvoir améliorer la gestion des catastrophes naturelles. C’est du moins ce que Benjamin Grelier, doctorant au laboratoire LOTERR de l'Université de Lorraine à Metz, a développé lors de son intervention à la table ronde.

Ces discussions ont eu l’avantage d’ouvrir de nouvelles perspectives pour les participants qui ont pu continuer la conversation dans une atmosphère conviviale. Ce Brunch aura pu en éclairer certains et susciter la curiosité d’autres sur les risques naturels liés à l’eau.

Article rédigé par Ornella Marc, étudiante à l'IECA.