Mois de la diversité : rencontre avec Anne Féray, présidente du MRAP

 
Publié le 7/04/2021 - Mis à jour le 4/01/2023

A l’occasion du mois de la diversité, l'association Empathex a rencontré Anne Féray, présidente du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) Moselle Ouest, qui a répondu à ses questions.

Pouvez-vous présenter l’association dont vous faites partie ? 

Le MRAP est le mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples. Il a été créé en France, il y a un peu plus de 70 ans après la deuxième guerre mondiale. Dans les premières années, il s’est beaucoup battu pour qu’il y ait en France une loi contre le racisme. Cette loi a été votée par le parlement à l'unanimité, il s’agit de la loi du 1er juillet 1972. Elle nous dit que le racisme n’est pas une opinion mais qu’il s’agit d’un délit. Depuis, elle a bien sûr été améliorée. 

Le MRAP vit par ses comités locaux et je suis pour ma part présidente du comité local de Moselle ouest. Donc nous agissons sur Metz et Thionville notamment mais tout en restant ouverts aux autres territoires voisins.

Comment le MRAP fait-il pour lutter contre le racisme ? Quelles actions sont mises en place ? 

Tout d’abord, nous avons une action d'accueil des personnes qui peuvent être victimes d’insulte ou de discrimination à caractère raciste afin, si elles le souhaitent d’être accompagnées. Généralement d’abord d’une démarche de médiation, voir s’il est possible dans une démarche devant le tribunal. 

Le deuxième aspect de notre action est une action éducative, dans les établissements scolaires, dans les centres sociaux, dans les lieux où un certain nombre de jeunes se trouvent réunis. Etant donné que nous nous adressons aussi à des adultes et que nous organisons aussi des formations de formateurs, cette action peut ainsi prendre la forme par exemple de débat. 

De plus, pour l’amitié entre les peuples, nous pouvons avoir des actions de solidarité en lien avec des organisations pour des causes internationales. 

On peut aussi participer à des rassemblements ou des manifestations publiques (par exemple au mois de juin dernier, des étudiants de Metz voulant organiser un défilé avec pour mot d’ordre justice pour George Floyd, Adama et pour les autres nous ont contactés pour y participer. 

Enfin, nous avons différents modes d’actions qui correspondent à ce que peut faire des citoyens dans notre pays, nous adresser au pouvoir publique, faire des pétitions. Le domaine est large.

Qu’est-ce que vous conseilleriez de faire à un étudiant qui est victime de racisme ? Comment pourrait-il agir ?

Si un étudiant victime de racisme nous contacte, nous essayerons de voir comment cela s’est produit, s’il y a des témoins, comment ils ont réagi, si la situation est répétée ou pas. Avec l’accord de la personne, plusieurs interventions sont possibles, par exemple on peut s’adresser aux instances de l’université qui ont une organisation pour l’égalité, la diversité, contre le racisme. Avec ces institutions de l’université, nous pouvons rechercher une médiation voir une sanction des personnes qui ont agi de la sorte, il peut aussi y avoir une action juridique et des actions plus éducatives, c’est-à-dire que l’on peut organiser une réunion publique et échanger sur ce qu’il s’est passé : sur le fait que c’est inacceptable, que cela porte atteinte à la personne qui est victime. On est victime d’actes racistes lorsqu’il y a harcèlement ou criminalisation, la personne visée peut en être profondément affectée. Donc le racisme fait du mal et nous pouvons organiser des réunions ou y prendre part pour faire comprendre la gravité des choses.

Avez-vous remarqué une augmentation des comportements racistes ces derniers temps ou au contraire une diminution ? 

Ce que l’on peut dire c’est que les actes et les paroles racistes à l’encontre de différents groupes sont persistants dans notre pays. Il est difficile de dire si cela a augmenté ou diminué pour cela il faudrait savoir dans quelle période on se repère. Mais ce qui nous préoccupe c’est la persistance. Par exemple, la crise sanitaire a vu émerger des insultes racistes à la limite du harcèlement, à l’encontre de personnes d’origines asiatiques. On sait que notre société est profondément affectée par des discriminations. Le défendeur des droits, en juin l’année dernière a dit que les discriminations étaient systémiques à l’encontre de population d’origine “étrangère”, des personnes “à la peau noir”, “d’origine arabe” ou de personnes qui s’expriment avec un accent ou qui porte un nom à connotation étrangère. Ces personnes peuvent avoir plus de mal à accéder à leurs droits que ce soit dans le domaine de l’emploi, du logement, du loisirs. C’est moins documenté dans le domaine de la santé mais il n’y a pas de raison de penser que cela s’y arrête. Ce qui peut nous préoccuper le plus c’est ce racisme insidieux qui mine la vie d’une partie de la population. Et là-dessus, le principal recours que l’on peut avoir, le recours juridique étant compliqué, c’est l’éducation contre les discriminations. Nous voudrions qu’elle soit mise en œuvre en direction de tous, des plus jeunes, des étudiants et aussi des professionnels, des propriétaires de logement. Notre pays aurait donc besoin d’une grande politique sociale contre les discriminations.

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Soumis par un étudiant