À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’IUT Thionville-Yutz met en lumière cinq femmes de sciences. À travers leurs témoignages, elles partagent leur parcours, les défis qu’elles ont rencontrés en tant que femmes scientifiques et leur vision de l’avenir des femmes dans la recherche et l’innovation.
Des vocations construites au fil des expériences
Pour Sonia Henry, enseignante-chercheuse au Laboratoire Sols et Environnement, la passion pour la recherche est née d’une rencontre : "Lorsque j’étais étudiante, j’ai réalisé mon stage de deuxième année au sein du LSE (mon laboratoire actuel) sous la direction du Professeur Michel Schiavon. C’était un passionné, il m’a beaucoup appris et transmis son attachement pour les sols et les problématiques de pollution." Aujourd’hui, elle développe des procédés de dépollution biologiques en utilisant des plantes et des micro-organismes, avec un engagement fort pour la préservation des écosystèmes.
Un cheminement similaire pour Antonietta Specogna, professeure des universités en psychologie et directrice de l’IUT Thionville-Yutz. "Au cours de mes études universitaires, j'ai été interpellée par des demandes d'adultes en situation de handicap qui souhaitaient mieux s'insérer dans la vie personnelle et professionnelle. L’année de maîtrise a été décisive, car j’ai pu expérimenter les cadres méthodologiques de la recherche, et j’ai su à ce moment-là que ma vie serait dédiée à ce domaine."
Mariem Dardouri, docteure en génie électrique et ATER à l’IUT, a toujours été passionnée par les systèmes électriques : "Au fil de mon parcours, j’ai développé un véritable enthousiasme pour la recherche, qui me permet d’explorer de nouvelles idées et de relever des défis techniques stimulants." Ses travaux portent sur l’optimisation des convertisseurs de puissance pour améliorer la gestion de l’énergie.
Faire sa place dans un environnement scientifique parfois inégalitaire
Si Alice Williart, professeure de biochimie, reconnaît avoir eu un parcours relativement fluide grâce à un entourage encourageant, elle souligne que certaines disciplines scientifiques restent encore marquées par des biais de genre. "Je n’ai pas rencontré les obstacles qu’une amie, qui avait d’excellents résultats, a pu avoir lorsqu’un professeur lui a dit : ‘Ah mais vous savez, c’est très difficile !’ alors qu’il encourageait ses camarades masculins à poursuivre."
Pour Khoudia Guèye, maîtresse de conférences en sciences de gestion, le défi n’a pas tant été son statut de femme que son sujet de recherche : "Là où se situe le défi, c’est sur ma thématique : comment faire collaborer des acteurs qui ne partagent pas grand-chose et qui se réunissent autour de projets ?" Ses travaux portent sur la collaboration inter-organisationnelle et l’efficacité des outils de gestion pour faciliter ces processus.
D’autres ont dû prouver leur légitimité par le travail. C’est le cas de Sonia Henry, qui confie : "Oui, j’ai rencontré des défis en tant que femme, notamment pour être reconnue comme chercheuse. Mais cela va mieux aujourd’hui. J’ai pu le surmonter en démontrant que j’avais des idées et que j’étais légitime dans mon domaine d’expertise."
Même constat pour Antonietta Specogna, qui a dû prouver que maternité et carrière scientifique n’étaient pas incompatibles : "Les premiers défis étaient de faire entendre que le fait d'être mère de jeunes enfants n'était pas un obstacle pour la carrière de chercheuse !"
Un message clair aux jeunes générations
Alice Williart insiste sur l’importance de ne pas se laisser influencer par les stéréotypes : "Suivez vos envies et ne vous laissez pas décourager par les remarques ou les stéréotypes de genre."
Mariem Dardouri invite les jeunes filles à oser entrer dans les sciences : "Croyez en vous et en vos capacités ! La science a besoin de diversité et d’esprits curieux."
Pour Sonia Henry, la persévérance est clé : "Il faut toujours y croire ! À partir du moment où l’objectif est défini, y arriver sera plus simple grâce à la motivation."
L’avenir des femmes dans la recherche : entre optimisme et vigilance
Si toutes constatent des avancées, elles restent conscientes des efforts encore nécessaires.
Khoudia Guèye souligne : "Les femmes doivent investir tous les pans de la recherche et ne pas se cantonner aux disciplines qui leur sont traditionnellement attribuées."
Antonietta Specogna élargit la réflexion à l’égalité salariale et aux conditions de recrutement : "Le combat doit aussi se faire pour la reconnaissance des responsabilités au même niveau que les hommes, et pour l’égalité des entretiens de recrutement."
Sonia Henry, elle, veut rester optimiste : "Les femmes sont présentes en recherche et de plus en plus à des postes de direction. J’espère que de nombreuses étudiantes viendront nous rejoindre à l’Université !"
À travers leurs témoignages, ces cinq femmes démontrent que la recherche est un domaine accessible à toutes, et que les barrières ne doivent jamais freiner une vocation.
Retrouvez leurs portraits sur le site de l’IUT Thionville-Yutz du 1er au 8 mars.