Trésors des BU : L’amour pour la Grèce au XVIIIe siècle

 
Publié le 25/02/2022 - Mis à jour le 5/01/2023

Le 13 septembre 1754, Julien-David Le Roy (1724-1803), professeur à l'Académie royale d'architecture, arrive au port de Constantinople. Lauréat du Grand Prix de Rome, il avait séjourné en Italie à partir de 1750, mais « l’envie seule d’acquérir de nouvelles connoissances dans l’Architecture » le pousse à s’embarquer à Venise, vers la Grèce.

 

Son objectif est d’étudier dans les moindres détails les monuments et les ruines de l’Antiquité, « de monter avec des échelles jusqu’à leur faîte ; et d’y mesurer, avec l’équerre et le pied, les plus petites de leurs parties ». Le Roy examine les monuments de Smyrne, d’Athènes, de Sparte, de Corinthe et les vestiges qu’il découvre lors de son périple.

De retour en France, en 1758, il publie à Paris les résultats de son travail dans un ouvrage aux dimensions imposantes, Les Ruines des plus beaux monuments de la Grèce. La bibliothèque universitaire de Lettres conserve la première édition de cet ouvrage.

Il comporte deux parties. La première partie se présente comme un récit de voyage, où la « description historique » des monuments est fondée sur de nombreuses sources antiques - Pausanias, Thucydide, Strabon ou Xénophon.

La deuxième partie du volume est consacrée à la « description architecturale ». Ici, Le Roy expose les caractéristiques des monuments grecs, étudie leur évolution – en esquissant par exemple, une « histoire de l’ordre dorique », et compare l’architecture grecque à l’architecture romaine. Il propose enfin une nouvelle approche de l’architecture, à la lumière de l’observation directe des monuments et des découvertes archéologiques.

Le livre est magnifiquement illustré d’estampes hors texte. La première série de planches comprend des vues pittoresques gravées par Jacques-Philippe Le Bas (1707-1783) d'après les dessins sur le vif de l’auteur.  Un autre graveur, Claude Antoine Littret de Montigny (1735-1775), est l’auteur des plans et des cartes des villes.

Les coupes, les élévations et les détails architecturaux des monuments qui accompagnent la deuxième partie du volume, ont été gravés par l’architecte, théoricien de l’architecture et graveur Pierre Patte (1723-1814) et par Jean-François de Neufforge (1714-1791), architecte et graveur belge.

Cette publication, grâce à ses illustrations saisissantes et aux positions novatrices de l’auteur, nourrit le revival grec qui enflamma l’Europe à partir de la fin du XVIIIe siècle et provoqua un débat passionné sur l’architecture de l’Antiquité.

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