[Exposition] Antoine Vitez

 
Date(s): 
Mardi 28 mai 2019 - 15:45 - Dimanche 22 décembre 2019 - 15:00
Lieu(x): 
Espace Bernard-Marie Koltès
Ile du Saulcy
Metz

En invitant Jeanne Vitez à Metz, à l’Espace Bernard-Marie Koltès, pour la projection, l’exposition et la table ronde, il s’agit de rendre hommage, à Antoine Vitez, de mettre en lumière, toute la richesse créatrice de l’homme de théâtre mais aussi en portant une attention particulière à son engagement politique. Je souhaite aussi offrir aux étudiants en art du spectacle, jeunes artistes, aux créateurs émergents l’occasion de rencontrer l’un de nos plus importants artisans de la Culture qui n’est pas assez, à mon sens, proposé en référence.

Alors, j’espère que chacun aura autant de plaisir, de joie que j’ai à organiser ces événements avec le soutien et la bienveillance de Jeanne et Marie Vitez que je remercie chaleureusement.

Lee Fou Messica
, Directrice artistique

 

A propos de la photographie

Mon père était photographe de quartier. Les gens venaient chez lui se faire « tirer le portrait ». Ce type de photographie a presque totalement disparu ; maintenant tout le monde fait le portrait de tout le monde ; la photographie est devenue un mode d’écriture rapide, de notation. (…)

Mon père, pour l’anniversaire de mes douze ans, m’a offert un appareil Voigtländer 6 x 9. Puis j’ai eu un semi petit format (c’était une moitié de 6 x 9) comportant un télémètre couplé avec lequel j’ai pu commencer à faire des mesures de distance. Par ailleurs je me suis initié à la cellule photo-électrique séparée que je portais en bandoulière. Mon père me faisait faire des exercices pour me permettre d’apprécier les distances et la lumière sans cellule. Adolescent, dans ma première période, je photographiais tout : j’ai des milliers de photographies de la vie en 1942-43, de la vie à la maison, de la Normandie. Je prenais les choses qui m’émouvaient – c’est toujours ce que je photographie d’ailleurs.

Je jouais avec la photographie ; je faisais mes tirages dans l’atelier de mon père. Au début de l’âge adulte, j’ai cessé de faire de la photographie ; j’ai vécu loin de mon père, je n’avais plus d’appareil et peu de moyens financiers pour pratiquer cet art. J’ai oublié la photographie. J’ai recommencé à faire de la photographie vers 35 ans en reprenant ma carrière théâtrale que j’avais interrompue. J’ai acheté un Pentax puis des objectifs différents et je me suis remis à photographier systématiquement. Puis j’ai changé mon Pentax contre un Olympus. Mon rêve maintenant est d’avoir un matériel complet Leica.

Je photographie toujours tout : peut-être plus les gens qu’autrefois. J’ai beaucoup photographié mes amis, ma famille – j’ai énormément pris ma mère ; depuis quelque temps je la photographie pour voir la progression de son âge et pour la retenir d’une certaine façon. J’ai photographié beaucoup le théâtre, les spectacles un peu comme un photographe de théâtre en me mettant dans la salle, mais j’ai surtout énormément photographié le théâtre des coulisses.

Extrait de l’entretien mené par Chantal Meyer-Plantureaux avec Antoine Vitez, 6 décembre 1988, à la Comédie-Française