[Brunch] L’économie sociale et solidaire : une réponse aux préoccupations des nouvelles générations

 
Publié le 13/12/2019 - Mis à jour le 12/05/2023

Le mardi 3 décembre s’est tenu le Brunch consacré à l’économie sociale et solidaire (ESS), dont la thématique portait sur « les nouvelles générations et leur rapport au travail ».

Organisé par la Direction de l'Entrepreneuriat et des Partenariats Socio-Economiques (DEPAS) de l’Université de Lorraine en collaboration avec le Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle qui a accueilli l’évènement, l’objectif était de faire dialoguer les savoirs, qu’ils soient académiques, institutionnels ou issus du monde socio-économique.

Lors de cet évènement qui a réuni une cinquantaine de personnes, divers acteurs de l’ESS ont pu interagir, à l’occasion d’une table-ronde, autour de la problématique du travail et de son sens, ainsi que de la place de l’ESS dans ces préoccupations nouvelles. David Heidelberger, l’animateur de ce moment d’échange, donnait le tempo.

Nicole Creusot, vice-présidente déléguée à l’enseignement supérieur et à la culture du département de Meurthe et Moselle a, en introduction, décrit la démarche du Conseil départemental, fortement tournée vers l’économie solidaire depuis 10 ans. Elle a notamment souligné les diverses actions de sensibilisation à l’ESS, dans les écoles, les collèges et lycées ou encore dans les centres de formations. Elle a également rappelé le soutien apporté aux porteurs de projets en termes d’ingénierie, de structuration de dynamiques collectives sur le territoire ainsi que les grands évènements portés par le département : les Trophées de l’Encouragement, marché de l’économie solidaire, convention d’affaires, etc.

Le Conseil départemental soutient également, en partenariat avec le PeeL, le dispositif Tiers Lieu qui permet à des jeunes porteurs de projets (ayant le Bac ou non) partageant les valeurs de l’ESS, d’acquérir des compétences pour concrétiser leur projet au contact de l’écosystème entrepreneurial.

Bernard Balzani, enseignant à l’Université de Lorraine et chercheur au Laboratoire lorrain de sciences sociales (2L2S) a ensuite entrepris de tracer les contours de l’ESS, qui pourrait se définir comme une économie sociale, ou bien une économie solidaire, mais également comme les deux à la fois. Il a également rappelé que l’ESS représente aujourd’hui 10 à 11% des emplois en France, avec une grande diversité de forme, de pratiques et de structures (associations, entreprises, coopératives etc.). Finalement, indique-t-il, une façon de parler de l’ESS pourrait être de citer « les valeurs qu’elle véhicule (la solidarité, l’éthique etc.) », mais aussi l’engagement et la volonté d’entreprendre d’une nouvelle manière qui en découle, plus en adéquation avec des valeurs citoyennes.

Éric Adam, chargé de développement de « Phénix » en Lorraine, a pu évoquer sa structure, entreprise sociale créée suite au constat que beaucoup de déchets pourraient être valorisés. Fondée en 2014, elle a pour objectif de diminuer la quantité de produits jetés, qu’ils soient alimentaires ou non. L’entreprise propose un accompagnement personnalisé et une solution à chaque structure qui souhaite entrer dans une démarche de développement durable en limitant au maximum le gaspillage. Cette entreprise, avec son modèle économique qui lui permet d’employer plus de 100 personnes à travers la France, correspond à la philosophie et aux valeurs de l’ESS, forte des agréments ESUS et B Corp.

De son côté, Arnaud Apostolo, directeur de l’Agence de développement économique et de la Maison de l’emploi Terres de Lorraine a présenté son parcours professionnel. Diplômé d’une école de commerce (l’ESSEC), il a d’abord travaillé pour une grande entreprise dans le merchandising, avant de faire le choix de changer de parcours et de s’orienter vers l’ESS. La motivation qui l’a amené à faire ce choix, raconte-t-il, c’était d’avoir un métier qui « a du sens », un métier socialement utile, permettant de répondre sereinement à la question lancinante du « à quoi tu sers ? ».

Inès Corinto, facilitatrice territoriale et étudiante-entrepreneure au PeeL a détaillé les liens nombreux entre Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et ESS, car ce dernier répond totalement aux problématiques sociétales et éthiques qui sont au cœur de la RSE.

Enfin Mégane Albrecht-Delgado, également étudiante-entrepreneure a présenté son projet qui est de créer des accessoires et objets à partir de tissus et de matériaux recyclés. Ces produits sont fabriqués par des personnes en insertion professionnelle, en circuit court. Elle a pu démontrer que dans une démarche de ce type, à la fois éthique et durable, tous les acteurs peuvent être gagnants.

Les échanges et les interactions qui ont suivi ont permis à chacun d’exprimer ses questions et remarques. Il a ainsi été rappelé que lorsqu’un travail répond à un besoin sociétal, il a d’autant plus de sens. Cette quête de sens, d’ailleurs, si elle est fortement marquée chez les jeunes générations, ne se retrouve pas uniquement chez eux, mais bien à tous les âges, a rappelé un intervenant.

L’ESS porte des valeurs d’égalité, de partage, de solidarité mais ce n’est pas pour autant la seule et unique solution aux problèmes de société : les structures ne sont jamais ni noires ni blanches, mais tout en nuance. Pour conclure les échanges, Arnaud Apostolo est allé dans ce sens en rappelant que « Ce n’est pas parce que l’on n’est pas au rendez-vous de la transformation idéale que l’on ne doit pas continuer à essayer de transformer modestement les choses » !

Pour tout renseignement complémentaire ou recevoir le calendrier des prochains Brunchs, envoyez un e-mail à l'adresse suivante : lebrunch-contact@univ-lorraine.fr

Dessins réalisés par Catherine CREHANGE, illustratrice de propos.