Urian Casabianca, doctorant en cotutelle : l'importance de l'interculturalité

 
Publié le 21/05/2019 - Mis à jour le 23/05/2019

Urian Casabianca est doctorant en co-tutelle entre l'Université de Lorraine et l'Universität des Saarlandes. Sa thèse, "Vers le développement d’une compétence interculturelle franco-allemande ? Construction et transmission de l’interculturalité dans les formations certifiées par l’OFAJ" financée par le ministère de la recherche et de l'innovation, lui permet de profiter à plein de son parcours interculturel personnel. 

 

  • Quel est votre parcours ?

J’ai touché à différentes disciplines en licence avant d’effectuer une année Erasmus à l’Université de Potsdam à côté de Berlin. C’est à partir de là que je peux être considéré comme un pur produit du franco-allemand : j’ai intégré le master d’études franco-allemandes « communication et coopération transfrontalières » des Universités de Lorraine (Metz), de la Sarre et du Luxembourg. Puis je me suis dirigé dans le cadre de la rédaction de mon mémoire au gré de stages, d’expériences professionnelles et d’engagements bénévoles vers la communication interculturelle.

 

  • Quelle est votre domaine de recherche ?

Mon domaine de recherche est donc la communication interculturelle qui existe en tant que discipline dans plusieurs universités en Allemagne, mais qui n’a pas encore atteint ce statut en France. La plupart du temps, c’est une spécialisation ou un module optionnel attaché à une discipline comme le management, l’enseignement des langues (FLE ou langues étrangères). Je suis cependant naturellement rattaché au CEGIL car je travaille sur la question interculturelle dans le contexte franco-allemand. Plus précisément je m’intéresse au processus d’apprentissage interculturel dans des formations à l’animation interculturelle certifiées par l’Office franco-allemand pour la jeunesse, formations qui préparent les participant·es à l’encadrement de rencontres interculturelles de jeunes – en particulier de rencontres franco-allemandes de jeunes.

C’est donc un sujet très ciblé mais qui s’insère dans un champ très vaste et pluridisciplinaire qu’est celui de la recherche interculturelle.

 

 

  • Votre statut de doctorant en France et en Allemagne influence-t-il votre recherche ?

Mon sujet est en soi franco-allemand donc finalement mon statut de doctorant permet de l’ancrer dans les traditions de recherche et la littérature des deux pays. De plus, la recherche interculturelle est, comme je l’ai dit, pluridisciplinaire mais également internationale et il n’est à mon sens pas possible de travailler dans ce domaine sans prendre en considération ce caractère international/transnational que la cotutelle vient asseoir.

Disons que faire cette thèse en cotutelle est la conséquence logique de mon sujet de recherche et d’ailleurs je n’ai pas envisagé pouvoir faire cette thèse autrement qu’en cotutelle.

 

  • Quels sont les bons côtés de ce double statut de doctorant franco-allemand ?

C’est une grande chance car on a un accès à la littérature scientifique plus large ; le fait de pouvoir s’inspirer de deux systèmes universitaires proches mais malgré tout différents est un réel enrichissement personnel, mais aussi pour la qualité de la thèse. En ce qui me concerne les déplacements entre les deux universités sont facilités par la proximité des deux universités (Lorraine et Sarre), je peux donc profiter des offres de formation des deux côtés de la frontière. Je fais également partie d’un programme intégré : le PhD-Track « interculturalité des littératures, des organisations et des médias » impliquant des doctorant·es et des masterant·es des deux universités, qui propose un encadrement de qualité dans le cadre de nos recherches. Outre cet encadrement, ce PhD-Track financé par l’Université franco-allemande comporte également un volet financier sous forme de bourse pour les membres du programme.

Et finalement, la cotutelle permet d’obtenir le diplôme dans les deux universités, c’est-à-dire dans les deux pays suite à une soutenance unique. Si la charge administrative que représente la mise en place de la cotutelle peut rebuter, je ne peux qu’encourager les (futur·es) doctorant·es à se lancer dans cette aventure qui permet de fixer son travail dans le contexte international et dans un collectif plus large – surtout quand on a un sujet de recherche comme le mien qui s’y prête particulièrement bien.