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CRÉATION GRAPHIQUE
SON
TEXTE POÉTIQUE

Dans le cadre de ses actions de sensibilisation à la diversité et à l’inclusion, la mission EDI lance la troisième édition du concours culturel contre les discriminations !
Ce concours invite les étudiantes, étudiants et membres du personnel à explorer et à réfléchir sur les différents critères de discrimination à travers une production culturelle de leur choix. Ainsi, l’objectif est de sensibiliser l’ensemble de l’Université de Lorraine à ces enjeux cruciaux, dans le cadre de la journée internationale de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Les créations les plus marquantes seront récompensées lors d’une cérémonie organisée sur le campus du Saulcy, à Metz !
Apparence physique
EDILab
Philippe, personnel UL
Application web
Année de production : 2026
« Il y a quelques années, j’ai eu l’idée d’une application numérique pour faire des expériences pilotées par des principes d’égalité, de diversité et d’inclusion. Ce troisième concours m’a donné un supplément de motivation pour concrétiser le projet. En tant que personnel de la Direction du numérique, j’avais l’envie d’utiliser mes compétences en informatique. L’expérience se présente sous la forme d’un espace où il est possible de faire interagir des points colorés. Leurs comportements sont variables selon les indications qu’on fixe au début de l’expérience. Comme dans un laboratoire, chacun pourra choisir la recherche qu’il veut mener. Il faudra certainement recommencer les expériences plusieurs fois, et cette activité permettra de s’interroger sur les mécanismes complexes liés aux notions EDI. »

Apparence physique
Appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une prétendue race
Grossesse
Handicap
Origine
Sexe
100% des victimes de discrimination ont tenté leur chance
Nicolas, personnel UL
Création graphique
Année de production : 2025
« Cette affiche alerte sur la discrimination subie dans différentes périodes ou phases de la vie. Elle interpelle sur la discrimination inhérente, cachée et difficilement identifiable que peuvent subir de nombreuses personnes dans des situations pourtant essentielles de leur vie (entretien d’embauche, recherche de logement…). Elle invite à s’informer sur les moyens possibles pour éviter de subir ce type de discrimination. L’affiche propose d’aborder le sujet de la discrimination via la notion de jeu de hasard, pour illustrer le vécu des victimes. Le décalage entre le fond et la forme doit permettre d’interpeller et de faire réfléchir le public via la métaphore du hasard. »

Sexe
Blind Justice – Justice aveugle
Maxime, étudiant·e
Création graphique
Outils : crayons graphites 1HB, 2HB, 4Hb et 6HB
Durée : 7 heures
« Inspiré par une discussion avec une personne travaillant en RH. J’apprécie cette personne, mais j’ai été choqué quand elle m’a ouvertement dit pouvoir privilégier l’embauche d’hommes pour des raisons « économiques », en se basant sur l’idée qu’ils auraient moins de congés potentiels (pas de grossesse). »

Identité de genre
Gugus.se
Julie, étudiant·e
Création graphique
Logiciel utilisé : Affinity Designer
Appareil : Apple iPad 10
Année de production : 2026
« Gugus.se est un personnage de bande-dessinée que je dessine depuis 3 ans. Ce personnage est non genré (dans son apparence comme dans son nom) afin que chacun·e puisse s’identifier à ses histoires.
L’ajout du violet est voulu afin de contraster avec le fond blanc et également pour rappeler une couleur neutre (mélange entre le bleu attribué aux garçons et le rose attribué aux filles).
L’idée de créer cette affiche avec ce personnage est de faire passer le message facilement avec un dessin très simple mais compréhensible par tous·tes, afin de rappeler que toutes les identités de genre se valent et que la discrimination est une menace, contrairement à la diversité. »

Origine
Appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une prétendue race
Croyances ou appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une religion déterminée
Interwoven Faith – Foi entrelacée
Samikshya, étudiant·e
Création graphique
Technique utilisée : aquarelle acrylique et encre noire au stylo
Papier : A3 (29,7 × 42 cm), 130 g/m² sans acide
Année de production : 2026
« This artwork depicts individuals from diverse racial and religious backgrounds standing tall in their individuality. Despite their differences in appearance, they are all connected by a crimson thread, symbolizing the unseen bond that unites people beyond cultural and religious divides.
The thread, inspired by the red thread hypothesis, represents spiritual interconnectedness, shared values, and destiny. Held by an angel above, it signifies divine protection and guidance.
The message is clear: all identities and values are intricately linked, and diversity does not divide people—it enriches them. »
« Cette œuvre d’art représente des personnes issues de divers horizons raciaux et religieux, debout dans leur singularité. Malgré leurs différences d’apparence, elles sont toutes reliées par un fil écarlate, symbole du lien invisible qui unit les êtres au-delà des frontières culturelles et religieuses.
Inspiré par l’hypothèse du fil rouge, ce fil incarne l’interconnexion spirituelle, les valeurs partagées et le destin. Tenue par un ange au-dessus, il symbolise la protection divine et le guidage.
Le message est limpide : toutes les identités et valeurs sont intimement liées, et la diversité ne sépare pas les gens — elle les enrichit. »

Appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une prétendue race
Origine
La couleur de la douleur
Tania, étudiant·e
Création graphique
Détails : toile en coton, peinture à l’huile et marqueur noir, 75X55cm
Année de production : 2026
« L’œuvre concerne l’accueil, la prise en charge et la considération différenciés en fonction de l’origine du patient. On parle de « syndrome méditerranéen ». Il s’agit de la conséquence d’une fausse croyance selon laquelle une personne racisée aurait tendance à exagérer ses symptômes, sa douleur, et serait donc moins prise au sérieux par le personnel soignant.
La mise en œuvre de ce tri, fait aux urgences, commence au premier plan avec une sorte de feuille de route à l’accueil. Y figure un « code couleur » pour la sélection aux urgences, mettant en priorité les personnes dites blanches. Sont donc dans l’attente les personnes victimes de ce syndrome méditerranéen. On y voit des regards fatigués, des expressions de tristesse ou de colère. Au centre, il y a un nourrisson bleuté, presque cadavérique, dans un linge mortuaire. Au dernier plan, un hall vide, gris et froid, contrastant donc avec les personnages du premier plan. Le terme « urgences » contraste avec la froideur de l’environnement. »

Appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une prétendue race
Origine
La Dame aux échecs
Sabrina et Joachim, personnels UL
Création graphique
Détails du tableau : peinture à l’acrylique sur toile, 92cm sur 73cm, de Sabrina
Forme d’écriture : vers réguliers de Joachim
Année de production : 2026
« La Dame aux échecs est une création à deux voix composée d’un tableau réalisé à l’acrylique et d’un poème en vers réguliers qui l’accompagne. Le sujet de cette œuvre est celui de la discrimination vécue par une jeune personne venue d’un autre pays, du fait de ses origines et de son histoire.
Cette œuvre commune montre une discrimination quotidienne qui s’exerce dans le regard, dans l’espace public et dans les représentations. Cette dernière ne laisse pas de traces visibles, mais fragmente l’identité, comme le symbolise le visage morcelé du tableau. Le jeu d’échecs est la métaphore du combat et des tactiques qu’elle emploie quotidiennement pour faire face à la discrimination qu’elle subit. Cette combattante réussit sa trajectoire en devenant une Dame, maîtresse de son destin (la Reine des échecs). »

Nom
Lard de savoir : au-delà des apparences
Esma, étudiant·e
Création graphique
Technique utilisée : aquarelle
Année de production : 2026
« Lard de savoir : au-delà des apparences est une peinture à l’aquarelle qui présente un jeune homme cuisinier du nom de « Antonio Ilardo ». Tous les jours, il subit des moqueries liées à son nom de famille, qui signifie « le lard ». La métamorphose des moqueurs en lardons met en lumière la violence des mots et rappelle que le mépris laisse toujours des traces. »

Apparence physique
Appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une prétendue race
Origine
Sexe
L’Autre
Yasser, étudiant·e
Création graphique
Logiciel utilisé : Adobe Photoshop
Année de production : 2026
« L’œuvre intitulée L’Autre dénonce toutes les formes de discrimination, qu’elles soient liées à l’origine, à l’apparence physique, à l’appartenance ethnique ou au sexe. Elle met en lumière le regard parfois malveillant que certaines personnes portent sur les autres.
À travers une représentation visuelle forte, l’objectif est de sensibiliser le public à l’impact des jugements et des stéréotypes, et d’encourager le respect, la tolérance et l’acceptation de la différence. »


Apparence physique
Appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une prétendue race
Handicap
Identité de genre
Orientation sexuelle
Origine
Sexe
Le Prisme Révélateur : Briser l’invisibilité du sexisme ordinaire
Clément, étudiant·e
Création graphique
« En tant qu’étudiant sensible aux injustices, j’ai choisi de centrer mon travail sur le sexisme et le harcèlement de rue. C’est une réalité quotidienne révoltante, observée trop souvent sur le campus et ailleurs, que je ne veux pas ignorer. J’ai souhaité transformer mon indignation de témoin en une action constructive.
Mon affiche repose sur la métaphore du « prisme ». Tout comme un prisme optique décompose la lumière blanche pour en révéler le spectre caché, je tente de montrer comment le regard artistique et médiatique peut « décomposer » une situation banalisée pour en révéler la violence sous-jacente. Mon objectif n’est pas seulement de constater, mais de faire ressentir l’urgence. Je conçois cette œuvre comme un miroir tendu à la communauté universitaire, pour pousser à la réflexion, déconstruire les préjugés et inciter chacun à ne plus rester passif, mais à intervenir pour bâtir un campus plus juste. »

Apparence physique
Appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une prétendue race
Capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français
Handicap
Identité de genre
Nom
Orientation sexuelle
Origine
Sexe
Situation de famille
Libres. Égales. Humaines.
Satina, étudiant·e
Création graphique
Année de production : 2026
Esthétique : clair-obscur
Post-production : noir et blanc, travail sur le contraste
Personnes photographiées : trois camarades avec leur consentement
Prises de vue en home-studio avec un décor et un éclairage.
« Cette affiche met en lumière mes trois camarades qui ont choisi d’être visibles malgré la fatigue de devoir se justifier. À travers trois portraits, l’une évoque des discriminations liées à l’origine et à la religion, la deuxième, à l’identité de genre et au handicap, et la dernière au racisme vécu au quotidien. J’ai transformé leurs témoignages en une phrase directe, parce que leurs mots méritent d’être entendus sans détour. Mon intention est de faire exister leurs récits dans l’espace public, de provoquer une prise de conscience, et d’inviter chacun·e à regarder d’abord des personnes, avant de coller des étiquettes. Le hashtag #FightDiscrimination affirme clairement le positionnement de mon œuvre : refuser la banalisation de ces violences et rappeler que la dignité ne se négocie pas. »

Origine
Mosaïque
Asem, étudiant·e
Création graphique
Année de production : 2026
« Oui à la construction de l’avenir pour nos enfants. Apprenez la culture et la langue avec soin, et participez avec nous à la création de la mosaïque qui compose le tissu harmonieux de la nation, riche de ses diverses origines, couleurs et cultures. Bienvenue en France. »

Lanceur d’alerte
Mœurs
Silent
Lisa, étudiant·e
Création graphique
Outils : feutres à alcool
Technique utilisée : collage
« Ce dessin illustre la dualité entre ce que l’on peut ressentir à l’intérieur et ce que l’on laisse paraître à l’extérieur. J’ai choisi de représenter des masques de théâtre afin de montrer le basculement d’une émotion à l’autre comme un jeu d’acteur. »
Ce n’était pas de la timidité
Aujourd’hui c’est la rentrée. Mon premier jour dans cette nouvelle école mais également dans ce nouveau pays. Je sens des nœuds se former dans mon ventre. Une grande dame arrive et se met à hauteur. Ma nouvelle maîtresse.
Elle sourit. Un sourire large, rassurant, comme je n’en ai jamais connu jusqu’à présent. Il est vrai que la peur et les pleurs ont résumé mes six derniers mois d’existence. Mais cela, maman m’a interdit d’en parler alors … chut.
La maîtresse dit mon prénom, mal.
Je n’ose pas la corriger.
Puis elle reprend : « Bienvenue dans ta nouvelle classe Oksana, je suis maîtresse Julie ! ».
Dans ma tête, la réponse existe, les mots sont là. Cependant, ils portent encore l’odeur de ma maison, la voix de ma mère, le bruit de la rue. Ici, ils semblent étrangers, maladroits. Alors, je ne dis rien.
– Elle est sûrement timide, dit quelqu’un derrière moi.
En classe, je scrute chaque bout de papier coloré affiché sur les murs, sans les comprendre. Je m’émerveille simplement, aucune couleur semblable n’était affichée dans mon ancienne école. J’écoute encore plus. Mais cette langue me semble si difficile avec des sons que je connais mal. Parfois je comprends un peu. Parfois non.
Quand la maîtresse pose une question, je connais la réponse. Je la formule dans ma langue. Elle est juste. Elle est claire. Mais elle reste coincée là, entre ma tête et ma bouche.
Alors je ne dis rien.
– Elle doit être timide, disait-on.
Puis, on passe rapidement à un autre élève. À une autre réponse. Celle-ci est félicitée par celle que j’idolâtre tant, ma professeure.
À la récréation, je reste près du mur, seule et en silence. Non pas parce que je n’apprécie pas les autres mais car je sais d’avance qu’ils ne vont pas me comprendre. Et puis, je ne connais pas leurs jeux ; ce ne sont pas les miens. Je répète des mots que j’ai entendus le matin dans ma tête, pour plus tard. Demain ou la semaine prochaine.
– Elle est vraiment très timide, relate la maîtresse à ses collègues.
Finalement, le jour fatidique est arrivé la semaine suivante. Ce jour-là, j’ai levé la main, fragilement.
La maîtresse a attendu. Les autres aussi. Le silence s’est installé, lourd, pressé.
Je savais ce que je voulais dire. Je le savais très bien. Je l’avais appris PAR CŒUR toute la nuit. Un mot est sorti, puis deux mais rapidement mon passé a repris le dessus et j’ai recommencé à parler ma langue, inconsciemment. Quelques enfants ont rigolé. La maîtresse a souri.
– Ce n’est pas grave, a-t-elle dit. Cela sera pour une prochaine fois.
Elle est passée à autre chose. Une larme s’est mise à couler ; je l’ai séché aussi rapidement.
Ce soir-là, j’ai raconté ma journée à ma maman dans notre langue, réconfortante. Tout est venu d’un coup. Les phrases, les émotions, la colère aussi. Rien ne manquait.
Ce n’était pas de la timidité. C’était ma langue qu’on n’avait pas pris le temps d’écouter.
Voici l’histoire d’Oksana.
Elle ressemble à celle de nombreux enfants, d’élèves que je croise déjà, et que je croiserai encore tout au long de ma carrière.
Des voix mal comprises, que l’on confond trop souvent avec du silence.
Tant que la langue sera un critère pour juger, trop d’enfants restent enfermés dans un silence qui n’est pas le leur.
Capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français
Origine
Ce n’était pas de la timidité
Charlotte, étudiant·e
Nouvelle
Année de production : 2026
« À travers cette nouvelle, j’ai souhaité mettre en lumière une discrimination souvent banalisée à l’école : celle de la langue. En donnant la parole à Oksana, une enfant nouvellement arrivée en France, j’ai voulu montrer comment le silence peut être mal interprété et rapidement assimilé à de la timidité, alors qu’il traduit avant tout une incompréhension linguistique.
Ce texte est inspiré de situations réelles observées et vécues lors de mes expériences en tant que future professeure des écoles. Je suis convaincue que chaque langue est une richesse et que l’école doit être un lieu d’écoute, où aucune voix n’est réduite au silence par manque de temps ou de compréhension. »
Ce que nous appelons être un homme
Au lycée, il y avait des cours d’éducation morale et civique. J’étais jeune, pas vraiment mûr. On en parlait, de la discrimination, mais je ne m’en souviens plus. Les définitions, ça s’oublie.
Je marche avec cette main dans la poche, fermée. Jamais doigts ouverts. Simple habitude, mais c’est vrai que ma main est moite. Laisser mes bras ballants, ce serait moins instinctif. J’aurais du mal à trouver l’équilibre. Je ne me souviens pas avoir décidé de les y enfermer pour toujours. Si le trottoir décidait de m’exposer à ses caillasses, j’y risquerais mes dents, et j’aurais bien besoin de mes mains.
Hier, au bar, on m’a dit qu’elles étaient moites, calleuses, abîmées.
Il riait si fort qu’on n’entendait plus sa voisine. Une moue tordue, plaquée au visage, l’habitait quand le manque d’argument se faisait sentir. Comment mes mains pourraient-elles être autre chose ? Puisque ce sont des mains. Je les sors de ma poche. Lui, il avait du mal à s’asseoir, à en croire la façon dont sa place mangeait celle des autres. Il avait épié mes mains avant de rentrer les siennes dans ses poches. Mains fermées.
On serrait nos mains moites ensemble, moues tordues, oreilles rouges qui chauffent. Les sourires, c’était l’appât du pouvoir, les regards, eux, devaient être féroces. Je pensais : peut-être que mes mains mériteraient d’être plus soignées. Mais on avait appris la même chose, lui et moi, s’en tenir à des poings serrés et des mâchoires qui broient. J’avais les mêmes mains que mon père, lui qui m’avait correctement enseigné.
Je n’aurais pas dû pleurer devant La La Land. Et j’aurais dû garder mes mains dans ma poche. Ne pas croiser les jambes.
J’appelle cela être un homme, pour ne pas qu’on m’appelle autrement.
Ils nous parlaient de discrimination, en cours. On prenait des notes, les mains dans les poches.
Sexe
Ce que nous appelons être un homme
Aaron, étudiant·e
Nouvelle
Année de production : 2026
« Dans ce texte, j’aborde la discrimination non frontalement, mais à travers ses manifestations les plus insidieuses, par les gestes, la tension. Le narrateur vit sous le poids d’une virilité intériorisée, devenue constitutive de son identité. « Comment mes mains auraient-elles pu être autrement ? » révèle une norme intégrée. L’homme qui le critique incarne une autre facette du même système, par la domination, l’occupation de l’espace et la puissance. La domination est circulaire : chacun peut être jugé s’il s’écarte du modèle. Le narrateur ne remet pas en question ce système, mais ses propres mains. La discrimination fonctionne par reproduction, au sein même du groupe : chacun devient le relais d’un modèle qui contraint tous les corps masculins. Elle peut s’exercer sans un mot, par un regard. Ce regard pourrait être le nôtre : rempli de stéréotypes. Les hommes d’aujourd’hui oscillent entre conformité au modèle dominant et singularité, au risque du jugement de leurs pairs. »

Âge
Appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une prétendue race
État de santé
Handicap
Identité de genre
Lieu de résidence
Orientation sexuelle
Origine
Sexe
La table ouverte
Virginie, personnel UL
Photographie
Année de production : 2026
Lieu : campus de l’IUT Henri Poincaré Longwy réalisée avec un Appareil photo
Logiciels pour réaliser les retouches : Photoshop
« Cette photographie est une composition sensible née d’un repas partagé. Le cadrage volontairement ouvert laisse apparaître une table disposée en ligne, dont l’extrémité se perd hors champ, ce qui suggère une continuité au-delà de l’image. Ici, rien n’est posé : l’image capte l’échange. Autour de cette table se partagent des plats, mais aussi des récits et des fragments de vie. Étudiants et personnels venus d’horizons multiples — Mexicains, Ivoiriens, Congolais, Français, Allemands, Italiens, Marocains, Algériens, Nigériens — se rencontrent au sein d’un établissement qui compte 41 nationalités. L’image ne se limite pourtant pas aux origines visibles. Elle laisse place à d’autres différences, parfois invisibles : les corps, les âges, les parcours affectifs, les manières d’aimer, d’être et de se dire. Cette œuvre affirme que notre force réside dans ces différences. La table ouverte rappelle que l’inclusion ne consiste pas à gommer les différences, mais à leur faire place. »

Identité de genre
Sexe
Oser porter ses couleurs
Océane, étudiant·e
Photographie
Personne photographiée : Morgan, un jeune homme trans
Appareil Nikon D3300
Logiciels pour réaliser les retouches : Adobe Lightroom et Procreate.
Réglages : ISO 6400, 27 mm, f/3.5, 1/13 s
Année de production : 2026
« Morgan est un jeune homme trans qui, chaque jour, s’efforce de répandre de la positivité et de la joie dans un monde qui peine à l’accepter. C’est le genre de personne qui offre des fleurs à ses amis, les surnomme tous « choupisson », sourit quotidiennement et milite sans relâche contre les injustices subies par les minorités. Morgan donne souvent plus qu’il ne possède.
Pourtant, malgré cette bienveillance, il est confronté à des insultes constantes sur les réseaux sociaux, assiste à des débats politiques remettant en question son droit d’exister et voit son identité régulièrement niée. Malgré l’ombre, Morgan continue de percevoir la lumière.
C’est cette dualité que j’ai souhaité représenter dans cette photographie. Au centre, Morgan apparaît fier des couleurs qu’il porte. Autour de lui se mêlent affiches militantes et photographies des personnes qu’il aime, symboles de soutien, de lutte et d’espoir. »

Âge
Appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une prétendue race
Relève-toi
Alexandre, étudiant·e
Photographie
Appareil photo Canon EOS 90D, objectif 70-300mm
Année de production : 2025
« Lorsqu’on est très jeune, on ne voit pas chez les autres enfants des personnes d’origines différentes, de cultures différentes ou d’opinions différentes. On voit simplement d’autres enfants, avec le même cadre social que nous.
Cette photo montre que ces deux jeunes enfants, avec comme passion commune le football, n’ont comme seul objectif de s’entraider les uns les autres dans un seul but : devenir meilleurs au football. Ils écartent toutes formes de discriminations dans leur quête sportive. »
Plus fort
Apparence physique
Plus fort
Amel, étudiant·e
Son
Généré avec Suno AI
Année de production : 2025
« J’ai choisi de faire une chanson sur l’apparence, plus particulièrement sur la discrimination raciale, car je pense qu’on n’en parle pas assez et que c’est un sujet qui me touche. »
Bleu, blanc, rouge
Ils étaient tous là, assis,
des valises sous les yeux,
des années de France entassées
dans des dossiers froissés.
Certains portaient encore l’odeur fraîche de l’arrivée,
cet accent vibrant
comme un drapeau encore plié.
Moi, je gardais le silence.
Je savais où poser ma voix
Pour qu’elle ne trébuche pas.
Des années de labeur discret
à limer mes syllabes
jusqu’à ce qu’elles brillent,
presque françaises.
Ils parlaient fort,
avec ce feu joyeux
qu’on reconnaît tout de suite.
Le Sud dans la gorge,
Le cœur qui déborde.
Le consulat résonnait
d’un chaos familier,
de cette chaleur maladroite
qui rendait l’attente
moins grise.
Je ne parlais pas.
J’ai répondu aux questions
en détachant chaque mot,
comme on présente un diplôme.
J’ai tendu mes papiers
comme des preuves d’appartenance
à deux patries incertaines.
Et dans le silence
entre moi et les autres,
j’ai senti monter
une fierté discrète :
celle d’avoir conquis
une place, dans cette langue
où l’on ne m’attendait pas.
Est-ce que je me suis crue meilleure ?
Oui.
Mais ce n’était pas de l’orgueil.
C’était le prix de l’effort,
le reflet d’un chemin
gravé dans mes intonations.
Puis ce détail, minuscule,
sur l’une des pages de mon passeport ;
mon domicile.
Non plus un village italien,
mais une ville française
où les rues ont gardé mes pas,
où mes mots ont pris racine.
Pour la première fois,
je portais dans la poche
un papier qui disait ce que je suis devenue,
et non ce que j’ai quitté.
Quand tout fut signé, tamponné,
je suis sortie,
un passeport neuf à la main,
comme un titre de voyage
vers nulle part
et partout à la fois.
« Au revoir monsieur, bonne journée ».
Le garde m’a souri,
français comme un matin gris
à la gare de l’Est.
Dehors, tout avait changé.
Le drapeau flottait encore,
mais le vert avait disparu.
Bleu, blanc, rouge.
Un seul ton déplacé
et c’est tout un monde
qui bascule.
Appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une prétendue race
Capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français
Lieu de résidence
Origine
Bleu, blanc, rouge
Anna, personnel UL
Texte poétique
Année de production : 2025
« Ce texte poétique explore l’expérience intime de l’attente administrative et du passage symbolique d’une appartenance nationale à une autre. À travers la scène d’un consulat (celui italien, à Metz), il interroge la manière dont la langue, l’accent et la maîtrise du français deviennent des marqueurs implicites de légitimité et d’intégration. Le silence, le contrôle de la parole et le travail sur les intonations traduisent une forme de discrimination discrète, intériorisée, liée à l’origine et à la capacité à s’exprimer dans une autre langue que le français. Le poème met en lumière la tension entre fierté et vulnérabilité, entre effort d’adaptation et regard social, jusqu’au moment où l’adresse française inscrite sur le passeport vient reconnaître un parcours et une identité construite. L’œuvre invite ainsi à réfléchir aux frontières invisibles qui persistent dans les démarches administratives et dans les représentations collectives. »
Ceux qu’on nomme autrement
On m’a appris très tôt
que le monde n’aime pas les corps,
qu’il préfère les silhouettes taillées dans les magazines,
celles qui ne respirent pas trop fort,
celles qu’on peut juger sans qu’elles répondent.
J’ai grandi dans une forêt de regards,
des yeux qui pèsent plus lourd qu’un secret,
des sourcils qui tracent des frontières,
des rires rapides comme des lames.
On ne m’a jamais demandé mon nom.
On m’a demandé : « Tu fais combien ? »
On a dit : « Tu devrais… »
On a soupiré : « Tu pourrais… »
Comme si mon corps était un chantier
et leurs mots, des coups de marteau.
J’ai longtemps cru
que mon reflet me détestait.
Que le miroir était une fenêtre
où je n’avais pas le droit d’entrer.
Alors j’ai baissé les yeux,
comme on baisse les bras
quand personne ne les rattrape.
Mais un jour, j’ai compris :
ce n’était pas mon corps le problème,
c’était le monde trop petit
pour contenir la diversité du vivant.
Ce monde qui distribue les étiquettes
plus vite qu’il n’offre la main.
Ce monde qui confond la beauté
avec la conformité,
et la différence
avec une erreur de fabrication.
Alors j’ai levé la tête.
Pas pour défier,
juste pour exister.
À celles et ceux qu’on nomme autrement,
qu’on pointe du doigt,
qu’on découpe en commentaires :
vous n’êtes pas des projets à corriger,
vous n’êtes pas des brouillons ratés,
vous n’êtes pas les ombres
de la version parfaite de vous-mêmes.
Vous êtes les couleurs que le monde n’a pas apprises,
les formes que l’histoire a oubliées,
les corps que l’ avenir remerciera.
Et si un jour, on vous dit encore
de rentrer dans le moule,
répondez simplement :
« Ce n’est pas moi qui suis trop grand,
c’est le monde qui est trop étroit. »
Parce qu’aucune apparence
ne devrait être une frontière.
Parce que la dignité
commence à la surface de la peau
et finit dans le cœur de ceux qui regardent.
Âge
Apparence physique
Appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une prétendue race
Caractéristiques génétiques
Identité de genre
Origine
Sexe
Ceux qu’on nomme autrement
Axel, étudiant·e
Texte poétique
« Mon choix s’est porté sur ce sujet parce qu’il touche quelque chose de profondément humain : le droit d’exister pleinement, sans être réduit par le regard des autres. J’ai voulu raconter ce que tant de personnes vivent en silence : la peur d’être jugées, la difficulté à trouver leur place et le courage qu’il faut pour rester soi-même dans un monde qui attend souvent que l’on rentre dans des cases.
À travers cette création, j’ai essayé de rendre visible ce qui ne se voit pas toujours : les blessures invisibles, les doutes, mais aussi la force intérieure qui permet de se relever. Mon intention était de parler à chacun, sans distinction, parce que nous avons tous connu un moment où une parole blessante, un geste ou un regard nous a fait douter de notre valeur.
Ce travail est une invitation à la bienveillance, à l’écoute et à la compréhension. Un rappel que la différence n’est pas une faiblesse, mais une richesse qui nous relie et nous rend humains. »
Cosmo-Soldat
Ah ! Cosmos réprimé ! C’est ma puissance qui chute vers les profondeurs de mon image. Toi ! Ton regard ! C’est lui qui me dépossède de moi. C’est lui qui tend à m’éliminer, à me faire devenir autre… Ma mélancolie me berce maintenant, dans les hautes montagnes où je me trouve seul face aux lois du monde. Morne et désespéré, mais aussi puissant qu’un rêve peul ! Cessez maintenant vos railleries, ma dignité frôle la chaleur de la mort ! Ne voyez-vous pas que vous vous aliénez autant que vous m’aliénez ? Que vous vous faites animaux autant que vous cherchez à me réduire à cela ? Ah ça ! Je vous l’affirme, il n’y a là pas plus barbare ! Mais cette barbarie n’est que le masque de la fin de tout, d’un rideau qui s’effondre sur les comédiens, d’une humanité qui s’croule sur elle-même. Pire ! Elle se fait anthropophage !
Rendez là moi ! Allez ! Rendez-moi la puissance que vous m’avez expropriée ! La puissance d’autodétermination, la puissance de souveraineté, la puissance de signifier ! Et que dis-je ? C’est un ordre ! Je me ferai libre d’être l’homme noir, l’homme juif, l’homme d’islam, l’homme homo ! Car ce sont vos regards qui ont donné naissance à ces mots ! Faut-il peut-être vous souhaiter d’être aveugle !
Ah…Cosmos dégoupillé s’apprête à exploser… Mon sang est la lave de mes ambitions et ma peau les écailles volcaniques qui invoqueront les tempêtes. Ces tempêtes de moqueries, de méchanceté, de ces regards abjects qui vous disent : « Oust ! du balai, vaurien ! Tu n’as rien du même, tu n’es qu’un autre ! » Je serai cette explosion infinie et finie ! Cette étoile naissante et mourante ! Cette danse immobile ! Ce dionysiaque apollinien ! Ce destructeur créateur !
Les entendez-vous ? Ces premières notes de la fin des temps ? Ô belle symphonie qui fait gronder les orages et le vent !
Moi, je mettrai ma force à l’établissement d’une France libre messieurs, oui, je l’affirme mesdames. Ce que je vois c’est une France qui tombe, une France soumise, une France déviante, une France qui ne ravie plus son peuple, qui le divise, qui le retrouve se tapant les uns sur les autres. Parce qu’on lui dit un jour que ce sont les communistes qui appauvrissent le monde, puis un autre que ce sont les
français qui sont trop fainéants ! On leur dit de se serrer la ceinture, que ce sont les conséquences de trop de rêvasseries et de frontières ouvertes, d’une mauvaise fortune et d’un destin inévitable ! Mais à ces annonciateurs, ce sont leurs esprits qui se ferment et leurs bedaines qui s’apprêtent à exploser ! Ce sont leurs coeurs qui pompent un sang pourrit et leurs cerveaux qui se rendent malades de profit !
C’est ici que je vous quitte, que je quitte le soleil pour rejoindre la nuit étoilée, que je quitte le déterminé pour rejoindre le chaos, que je quitte les belles apparences pour rejoindre l’arrière scène. Ah… sublime tristesse qu’engendre ma spiritualité lorsqu’elle transcende les structures raciales et dominantes. Et transcender, c’est aussi revenir en astre de feu, en artiste comète décidé à redessiner sur ce tableau déséquilibré ; revenir en architecte soldat qui sonne le coup d’État de l’empire des inégalités
pour assoir le régime d’un monde sans hiérarchie livide et non mortifère.
C’est décidé demain je me ferai voilée comme une femme de Dieu, je me ferai beau et grand de mon histoire comme un.e noir.e, je me ferai solidaire et fière comme un.e juif.ve, je me ferai destructeur de ces idoles de domination pour revenir à cette nature humaine du « nous ». Nous mettrons un point final à cette tragédie qui se croit éternelle et inébranlable.
Apparence physique
Appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une prétendue race (Origine)
Croyances ou appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une religion déterminée
Lanceur d’alerte
Mœurs
Opinions philosophiques
Opinions politiques
Orientation sexuelle
Particulière vulnérabilité résultant de la situation économique
Perte d’autonomie
Cosmo-Soldat
Oussama, étudiant·e
Texte poétique
Logiciel : Microsoft Word
Références : Manifest du surréalisme d’André Breton et Une tempête d’Aimé césaire
Année de production : 2026
« J’articule dans ce texte une forme de pamphlet nimbé de surréalisme pour en faire un poème tranchant.
Le racisé semble avoir des yeux différents, qui voient au-delà de ce qui lui est présenté. Il possède un œil-ciseaux, un œil vif, un œil noyé où la société autant que le monde lui apparaissent comme une immense scène de théâtre dont le spectateur ordinaire ne voit pas les coulisses. Le Noir, le Juif, le Musulman et l’homosexuel perçoivent les structures qui fondent le tumulte social, annonciateur des premiers instants d’une guerre civile.
La mission dont ils se sentent investis est celle de reconstruire une nouvelle société en abolissant ces structures défaillantes pour établir un ordre d’égalité où le regard de l’un ne déshumanise plus l’autre ni lui-même. On les nomme cosmo-soldats. »
Des Vers et des Hommes
Voilà sans apparat, dans le noble appareil
Du fin sonnet d’antan, tous ces temps vieillissants
Et leurs vétustes vers : vieilles gens périssant
Dépréciés d’yeux sourds et de closes oreilles.
Ainsi tous ces beaux mots, qui d’un oubli se rayent,
Languissent au mouroir d’iambes flétrissants
Dans le morne reclus de recueils jaunissants :
Affreuse destinée que nul blanc-bec n’enraye.
Et, au blanc correcteur de crèmes anti-rides,
S’effacent ces aïeux pour quelques neufs frigide,
Depuis les livres jusque bientôt les esprit.
Alors l’âge et la mort se meurent marginaux,
Dans la gaie apathie de nouveaux mots jeunots,
Mais les heures s’enfuient et même eux s’avarient.
Âge
Des Vers et des Hommes
Thomas, étudiant·e
Texte poétique
Réalisé sans IA générative
Forme d’écriture : sonnet marotique (schéma de rimes ABBA ABBA CCE DDE)
Versification : alexandrins à hémistiches égaux
Rimes : suffisantes ou riches
« Aujourd’hui, la société semble se détourner tant de la poésie classique que des aînés. Ce poème joue donc sur une métaphore filée pour dénoncer la gérontophobie systémique actuelle via ce constat : les jeunes se désintéressent de la poésie.
La métaphore métapoétique se déploie dès le premier quatrain du sonnet marotique : les vers y sont associés à de « vieilles gens », « des temps vieillissants » et le dernier annonce déjà la portée critique du poème, critique qui s’exacerbe ensuite par l’évocation imagée des EHPAD ainsi que de l’oubli et de l’abandon. Les tercets, eux, évoquent plus nettement les faits en donnant l’exemple mercantile de la volonté d’effacer l’âge, tout en en dénonçant la futilité.
Le poème baigne dans un riche champ lexical du temps et de la vieillesse, croisé avec ceux de l’oubli et de la poésie, lui donnant son ton accusateur, accent annoncé dès le titre qui reprend « Des rats et des hommes », œuvre vivement critique de la déshumanisation et de la marginalisation. »
Dis-crimi-nations
Ils étaient tous là, assis,
des valises sous les yeux,
des années de France entassées
dans des dossiers froissés.
Certains portaient encore l’odeur fraîche de l’arrivée,
cet accent vibrant
comme un drapeau encore plié.
Moi, je gardais le silence.
Je savais où poser ma voix
Pour qu’elle ne trébuche pas.
Des années de labeur discret
à limer mes syllabes
jusqu’à ce qu’elles brillent,
presque françaises.
Ils parlaient fort,
avec ce feu joyeux
qu’on reconnaît tout de suite.
Le Sud dans la gorge,
Le cœur qui déborde.
Le consulat résonnait
d’un chaos familier,
de cette chaleur maladroite
qui rendait l’attente
moins grise.
Je ne parlais pas.
J’ai répondu aux questions
en détachant chaque mot,
comme on présente un diplôme.
J’ai tendu mes papiers
comme des preuves d’appartenance
à deux patries incertaines.
Et dans le silence
entre moi et les autres,
j’ai senti monter
une fierté discrète :
celle d’avoir conquis
une place, dans cette langue
où l’on ne m’attendait pas.
Est-ce que je me suis crue meilleure ?
Oui.
Mais ce n’était pas de l’orgueil.
C’était le prix de l’effort,
le reflet d’un chemin
gravé dans mes intonations.
Puis ce détail, minuscule,
sur l’une des pages de mon passeport ;
mon domicile.
Non plus un village italien,
mais une ville française
où les rues ont gardé mes pas,
où mes mots ont pris racine.
Pour la première fois,
je portais dans la poche
un papier qui disait ce que je suis devenue,
et non ce que j’ai quitté.
Quand tout fut signé, tamponné,
je suis sortie,
un passeport neuf à la main,
comme un titre de voyage
vers nulle part
et partout à la fois.
« Au revoir monsieur, bonne journée ».
Le garde m’a souri,
français comme un matin gris
à la gare de l’Est.
Dehors, tout avait changé.
Le drapeau flottait encore,
mais le vert avait disparu.
Bleu, blanc, rouge.
Un seul ton déplacé
et c’est tout un monde
qui bascule.
Activités syndicales
Âge
Apparence physique
Appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une prétendue race
Capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français
Caractéristiques génétiques
Croyances ou appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une religion déterminée
Domiciliation bancaire
État de santé
Grossesse
Handicap
Identité de genre
Lanceur d’alerte
Lieu de résidence
Mœurs
Nom
Opinions philosophiques
Opinions politiques
Orientation sexuelle
Origine
Particulière vulnérabilité résultant de la situation économique
Perte d’autonomie
Sexe
Situation de famille
Dis-crimi-nations
Michael, étudiant·e
Texte poétique
Année de production : 2026
« Tous sont égaux, sans discrimination, devant la mort. Ces hommes-anges hors-la-loi, autonomes (également dans le sens étymologique) et pourtant dépendants des vivants pour leur besogne, frappent tout le monde sans distinction. C’est la raison pour laquelle toutes les catégories thématisées pour le concours s’y retrouvent de loin ou de près, mais comme à la négative : les anges de la mort ne subissent aucune discrimination, car ils n’en font aucune, tout comme les humains sont entièrement égaux devant la mort. Les discriminés se retrouvent alors dans ces êtres spectraux, comme ceux qui discriminent : ils n’ont plus aucune différence une fois morts.
Puisqu’il y a commune égalité dans la mort, il y a aussi commune égalité dans la vie et solidarité.
C’est devant la tombe que notre humanité se fonde, avec sa dignité et son unicité. »
J’Accuse et J’Assume
On élève les femmes pour plaire,
Pas pour être libres.
Depuis petite,
On nous élève comme des poupées.
Puisqu’on doit se tenir droite,
Être docile et sans bruit.
On nous apprends à être sage comme une image,
Avant de parler.
Tandis que pour les garçons.
Ils sont élevés comme des soldats.
Des militaires qui cachent leurs émotions.
Étant donné que pour eux les vrais hommes ne pleurent pas.
Depuis longtemps,
On est tous bloqués dans des normes.
Mais à l’heure actuelle ça doit changer,
On doit en finir avec les discriminations entre les sexes.
Puisque oui,
Aujourd’hui J’ACCUSE.
Nos corps ne sont pas des objets.
Nos silences ne sont pas des consentements.
Un “non” est un non.
Un “peu-être” est un non.
Je t’accuse de n’avoir rien fait pour nous avoir protéger.
De n’avoir protéger Gisèles, Sophie et toutes celles qui sont venues te parler.
Je t’accuse d’avoir classé sans suite ces viols.
Ces violeurs que tu laisses en liberté.
Je t’accuse d’avoir fermé les yeux alors que t’as tout vu.
Je t’accuse d’avoir été dans le clan du violeurs.
Puisque oui,
Tous ces monstres ne sont pas que des immigrés.
Ces monstres peuvent être un membre de la famille,
Où même un conjoint.
Je t’accuse.
Et j’assume.
Je t’accuse.
De protéger des violeurs connus ou non.
Je t’accuse.
Et j’assume.
Je t’accuse.
De ne pas croire les victimes.
Je t’accuse.
Et j’assume.
Je t’accuse.
Et j’assume.
Je n’accuse pas pour le plaisir.
J’accuse pour que ça cesse.
Je veux des lois appliquées.
Des plaintes entendues.
Des victimes protégées.
Et des coupables reconnus.
Je t’accuse aussi pour autre chose,
Pour nos droits.
Nos droits que tu veux encore actuellement bousiller.
Nos droits que tu n’a jamais voulu accepter.
A ces femmes qui se sont battus pour nos droits.
A ces femmes qui sont mortes pour nos droits.
La révoltes des femmes,
Est née y a bien longtemps.
Avant moi, d’autres ont refusé l’injustice,
Et on ouvre la voie à l’égalité entre les sexes.
Il y a Olympe de Gouge.
Guillotinée pour avoir proclamé l’égalité dans le monde qui le refusait en 1789.
Il y a eu Anne Frank,
Par ses mots en 1944, elle témoigne de la violence faite aux vies non reconnues.
Il y a eu Gisèle Halimi,
Par son combat juridique a rappelé que le corps des femmes nous appartient.
Et il y a eu aussi Simone Veil,
Cette loi pour l’IVG devenant une pratique légale.
Ce combat n’est pas contre les hommes,
Mais contre un système.
Contre le système patriarcal.
Contre ce système anti-femme.
Mais enfaite,
On m’a juste forcé à choisir un camp.
Quand je parle de camps je pense:
Au genre.
La liberté n’est jamais totale,
On doit toujours l’a récupérer.
Je refuse les normes.
Je refuse de me taire.
Je refuse de demander la permission,
La permission d’exister, d’être libre et égal.
Aujourd’hui je vais parler,
Sans baisser la tête.
Ma voix ne devrait pas être une excuse,
Mais une force.
Je dois dire “je”,
Et non “tu”.
Je dois m’affirmer.
M’affirmer en tant qu’être et femme.
Je ne doit plus chuchoter mes rêves,
Mais les proclamer.
Cette inégalité entre sexe,
Cette inégalité salariales,
A voulu me réduire,
Donc je m’affirme plus.
A voulu me faire taire,
Alors je parle fort.
Aujourd’hui j’écris pour nos droits.
Pour notre égalité entre êtres humains.
Aujourd’hui j’accuse.
Et j’assume.
Poings droits levées,
A toutes ces femmes effacées.
Poings droits levées,
A toutes ces femmes qui se sont battus pour nos droits.
Je refuse l’inégalité salariale.
Je refuse que mon corps soit considéré comme un objet.
Je refuse de voir mes violeurs en liberté.
Je refuse de me cacher sous des capuches en été.
Je refuse.
Et j’assume mes propos.
Et j’espère qu’un jour,
Si possible le plus tôt possible.
Que l’égalité marchera avec nous,
Au même rythme que nos pas.
Pour tout.e.s.
Sans exception.
Et tant que l’égalité ne sera pas réelle,
Je parlerai.
J’accuserai.
Et j’assumerai.
Sexe
J’Accuse et J’Assume
Deborah, étudiant·e
Texte poétique
Forme d’écriture : poésie en vers libres
« Dans ce texte, je dénonce l’éducation différente imposée aux filles et aux garçons ainsi que les normes qui nous enferment dans des rôles injustes. J’accuse le système patriarcal, les institutions qui ne protègent pas assez les victimes et ceux qui ferment les yeux face aux violences et aux inégalités. En répétant « j’accuse et j’assume », j’affirme ma colère mais surtout ma volonté de faire changer les choses. Je ne lutte pas contre les hommes, mais contre un système qui maintient le silence, la peur et la discrimination. Je revendique l’égalité réelle, le respect du consentement et le droit, pour moi et pour toutes les femmes, de parler, d’exister librement et d’être traitées comme des êtres humains à part entière. »
Soliloque d’un épiderme
Je suis la peau
——Parlant par caresses
À qui l’on répond par paumes et par poings
Par tous les pores je transpire carmin
——Ma carnation prise à parti
————Les courbes de mon corps prises en chasse
Je suis la peau qui perle et pleure
——Emprunte des peurs de mes pairs
————des silences de mes pères
————de la contrition de mes mères
————et de l’ignorance du reste
Je suis la peau éprise de tendresse sous l’emprise d’empires de brutalité
Peau pourrie perforée d’étiquettes
Je suis la Peau
——La Peau d’âme la peau d’Homme qui se dégenre
——La peau claire-obscure sous toutes ses nuances
——La trop jeune ou trop vieille ou trop maigre ou grosse ou moche ou handi ou queer ou folle ou pauvre ou femme
——La peau suturée de tous les maux du monde
Je suis la peau-silence maquillée d’ecchymoses
Le Mal par le mâle ; l’Autre est mon peintre et violences sont ses pinceaux
Moi la Peau, je me ferais pancarte ou drapeau
——Et si mon existence file comme un frisson sur l’échine
——Et si personne au bout du compte ne s’empare de moi pour me brandir
————Par mépris ou par crainte ou par manque de force
Alors je me graverais dans les os :
LAISSEZ-MOI FLÉTRIR
JOLIMENT
DE PRINTEMPS EN PRINTEMPS
TRANQUILLE
AU MILIEU DES FLEURS.
Âge
Apparence physique
Appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une prétendue race
État de santé
Identité de genre
Origine
Particulière vulnérabilité résultant de la situation économique
Sexe
Soliloque d’un épiderme
Esteban, étudiant·e
Texte poétique
Forme d’écriture : vers libres
Année de production : 2026
« Ce poème donne voix aux victimes, anonymes, de discrimination, avec une forme d’universalité qui ne cherche pas à isoler, à hiérarchiser les violences, mais au contraire à montrer que tout peut être utilisé par un humain contre un autre humain (âge, genre, taille, poids, origine réelle ou supposée, appartenance à un groupe culturel, économique…).
Les minorités sont confrontées à la violence par le simple fait d’exister, dans une société marquée par la division – accentuée par le patriarcat et les colonisations. La Peau qui soliloque représente toutes ces personnes, à l’intersection de toutes ces luttes, avec le besoin primaire non pas d’être comprise ou prise en pitié, mais simplement d’être respectée pour ce qu’elle est, de manière intègre et digne. »
Toi, Femme
Aujourd’hui, J’ai croisé le regard d’une petite fille. Il était plein d’innocence, bien sûr, Mais le plus flagrant pour moi,
C’était, La pureté, la naïveté et la gaieté. Des sentiments plutôt lointains,
Pour une femme dite accomplie.
Pourquoi ?
N’est-elle pas, en son for intérieur, Cette petite fille pleine d’innocence ?
En poésie, on dit : Je suis cette jeune femme Ambitieuse et talentueuse. Je suis aussi belle et
Profondément émotive.
Malheureusement, Ces quatre qualités se contredisent involontairement D’un point de vue patriarcal. Les émotions résonnent comme des faiblesses, De la médiocrité. Elles sont l’expression d’un appel à l’aide.
C’est un sacrilège !
Le business, c’est le business. Il n’y aura jamais aucune place pour une once d’émotion. Il n’y aura jamais aucune place pour une femme. Jamais !
Qu’elle nous cuisine un banquet, Qu’elle nous divertisse, Mais, diantre, qu’elle se taise !
C’est une caricature du monde dans lequel nous vivons. Oui ! Nous y sommes encore.
Vivrons-nous un jour dans un monde où Nous pourrons revêtir notre personnalité Sans paraître insignifiante ?
Je peine à y croire.
Sexe
Toi, Femme
Marie-Alex, étudiant·e
Texte poétique
Logiciel utilisé : Microsoft Word
« Ce poème présente la discrimination basée sur le genre féminin. Cette production écrite met en avant la réelle place de la femme dans la société. Certaines modifications vis-à-vis de l’image qu’elle renvoie ont été effectuées. Cependant, rien ne change au niveau des mentalités. Je souhaite, par ces quelques mots, attirer l’attention sur la situation des femmes dans notre société essentiellement patriarcale. »
La sororité face aux discriminations
Apparence physique
Identité de genre
Sexe
La sororité face aux discriminations
Adeline et Zoé, étudiant·es
Vidéo
Année de production : 2026
Appareil : Appel iPhone 14 Pro sur bras articulé
Mise en scène : papier cartonné noir et blanc, feutres
Ressources : Pixabay
« Ce projet s’ancre dans une réalité vécue : depuis notre plus jeune âge, nos trajectoires sont jalonnées de micro-agressions. Nous avons pu mettre des mots sur ces expériences grâce au cours de Mme Lemoine-Bresson sur la diversité des publics et à la fresque de la diversité (cellule EDI).
Pour illustrer ce poids, nous nous sommes inspirées du projet Racial Microaggressions (Kiyun Kim, 2013) et des portraits d’étudiant·e·s réalisés avec Mme Lemoine-Bresson. Notre vidéo transpose cette violence via le stop-motion, sans nous limiter aux micro-agressions : nous intégrons aussi la brutalité des remarques déshumanisantes subies précocement et qui marquent une vie entière.
Créer à deux a été un acte de sororité, permettant de se confier et de prendre du recul. Visuellement, les agresseur·euse·s restent invisibles, car ces mots peuvent venir de n’importe qui – proches ou inconnu·e·s. Nos silhouettes qui s’effondrent sous le poids des mots illustrent notre fragilité. »
Nez pour briller
Apparence physique
Nez pour briller
Fantine, étudiant·e
Vidéo
Outils : pâte à modeler
Technique utilisée : stop motion
Année de production : 2026
« L’œuvre que je vous propose est un stop motion fait en pâte à modeler, qui s’intitule « Nez pour briller ». Cette mise en scène met en avant un petit garçon moqué à cause de son nez en trompette. On peut également apercevoir deux autres enfants moqués : l’une parce qu’elle a de grosses dents, et l’autre parce qu’elle a de gros yeux. À la fin, nous les voyons tous les trois sur scène pour jouer un petit duo de trompette et de piano. Le message véhiculé à travers cette vidéo est de montrer que toutes les personnes sont différentes, mais que chacun peut faire de sa différence une force, et c’est cela qui rend chaque individu unique. »
Suivant.
Apparence physique
Suivant.
Betul, étudiant·e
Vidéo
Réalisation technique : captation vidéo effectuée avec un téléphone
Montage réalisé à l’aide d’un logiciel de montage vidéo (assemblage des images, intégration de la voix off et traitement sonore).
Année de production : 2025
« J’ai intitulé la création « Suivant. », un mot banal du recrutement mais lourd de sens. Il incarne une décision rapide, parfois prise avant même l’échange. Étudiante en M2 RH en alternance, je participe au recrutement et j’observe combien l’apparence physique peut influencer l’évaluation d’un candidat dès les premières secondes, avant toute analyse des compétences. La vidéo met en lumière cette réalité. Le premier « Suivant. » symbolise un regard qui décide sans justification. La voix off fait entendre ce qu’on ne dit jamais : le jugement silencieux. Puis, le basculement s’opère : je prononce moi-même « Suivant. » pour refuser ce verdict implicite. Cela marque une prise de conscience : le mot change de sens, passant d’un outil d’exclusion à un acte de refus de discrimination.
La vidéo vise à sensibiliser à cette discrimination banalisée, souvent dissimulée derrière la notion de première impression. Donner un titre aussi simple que « Suivant » montre la brutalité d’un tri rapide et silencieux. »
Une autre façon de voir le jeu
Plus d’informations sur l’œuvreHandicap
Une autre façon de voir le jeu
Mahé, étudiant·e
Vidéo
« À travers cette narration, la vidéo démontre que le handicap ne signifie pas incapacité. Elle met en lumière le fait que les préjugés naissent souvent de l’ignorance et du manque d’expérience. L’apprentissage, l’ouverture et l’écoute permettent de changer de regard. Le sport apparaît alors comme un espace d’égalité, de transmission et de reconnaissance des compétences de chacun.
La prise de conscience finale révèle que la différence, loin d’être un obstacle, peut devenir une richesse et une source d’enrichissement collectif. »
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