A l’occasion de la journée mondiale de la justice sociale, nous sommes allés à la rencontre de Véronique Lemoine-Bresson, maîtresse de conférences HDR au laboratoire ATILF. Elle nous en dit plus sur son parcours et sur ses travaux de recherche en lien avec les discriminations et l’interculturel en éducation et en formation :
Factuel : Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer en quoi consistent vos recherches sur les discriminations et l’interculturel en éducation et en formation ?
Je suis maitresse de conférences HDR au Laboratoire ATILF, depuis 2015. Auparavant, j’ai été pendant 27 années d’abord institutrice/professeure des écoles à Roubaix, puis conseillère pédagogique départementale dans l’Académie de Lille. En recherche, je m’applique à construire la compréhension d’un continuum de l’interculturel fondé sur un invariant, à savoir la dimension altéritaire (attirance, rejet, préjugés, discriminations, rapports de domination), dans une articulation étroite entre théorie et pratique.
Factuel : Dans quelle mesure la journée mondiale de la justice sociale est-elle une occasion importante pour sensibiliser aux discriminations ?
Les actions menées lors d’une telle journée, au-delà de la sensibilisation aux discriminations, devraient amener à la conscientisation de celles-ci, car elles infiltrent souvent les relations et parfois de manière non intentionnelle. Mais la prise en compte de l’altérité humaine provoque de l’insécurité et des résistances. C’est pourquoi, le travail de sensibilisation et de conscientisation est transversal et never ending. Il touche par ailleurs tous les publics.
Factuel : Quels types d’actions ou de réflexions menez-vous avec vos étudiants pour les aider à mieux comprendre et combattre les discriminations ?
Nous construisons ensemble et progressivement une réflexion critique sur nos regards et postures, dans la mesure où cela façonne notre rapport au monde. Nos savoir-être et savoir-faire monolithiques et monocentrés sont travaillés de façon créative par l’élaboration de kesa ou manteau de nuages ou encore de fanzines. Ces créations permettent aux étudiant·es de tisser du lien entre des fragments d’expériences vécues, et de les réfléchir au prisme des idéologies.
En janvier 2025, dans une coopération avec Inès Martin, Chargée de projets Égalité-Diversité-Inclusion, j’ai inclus la pratique de « la fresque de la diversité » à la fin de mes enseignements en master MEEF Ingénierie Pédagogique sur deux campus de l’INSPE de Lorraine. Cette modalité d’intervention, pleinement interculturelle, nous a offert un espace pour continuer à se remettre en question.