Reiner Marcowitz, professeur au CEGIL : "Nous formons avant tout des citoyens européens..." [1/3]

 
Publié le 21/05/2019 - Mis à jour le 14/04/2023

L’axe 1 du CEGIL intitulé « Conflits, rupture, défis sociétaux (du 19ème siècle à nos jours) », s’inscrit dans le mouvement des études européennes. Tourné vers le franco-allemand mais pas seulement, l’axe de recherche innove constamment dans ses pratiques et prends très à cœur la formation par la recherche des futures générations.

« Civilisation et histoire allemande dans son contexte européen », voilà en quelques mots un résumé des recherches, selon Reiner Marcowitz, qui dirige avec son collègue Ulrich Pfeil l’axe 1 du CEGIL. Cet axe organise régulièrement des conférences, colloques, journées d’étude et prépare des publications… tout ce qui constitue le quotidien d’un laboratoire, mais il va plus loin que cela. Dans notre entrevue, il sera surtout question de la recherche comme moteur de la formation et d’ouverture du champ des possibles des enseignants-chercheurs. En voici un tour d’horizon.

Une formation par la recherche des citoyens européens

« Nous avons commencé à penser la formation bi- puis tri-nationale dès 1988. Nous avons donc été des pionniers en SHS ». Il fallait tout inventer et défricher le terrain mais aujourd’hui avec 3 masters rattachés au CEGIL, dont deux sont des programmes trinationaux, ces coopérations ont porté leurs fruits. Si nous parlons master et formation, c’est parce que celle-ci est intimement liée à la recherche, les étudiants testent en direct les connaissances et découvertes de leurs enseignants.

« Nous sommes allés plus loin avec le PhD-Track ». Ce programme permet d’offrir depuis la rentrée 2015-2016 un parcours Master-doctorat adapté, porté par des universités françaises et allemandes et par l’Université franco-allemande de Sarrebruck (UFA). Il s’agit d’un parcours où l’étudiant en Master s’engage à réaliser une thèse et donc s’intègre bien plus vite dans le laboratoire. Le dispositif permet de travailler sur le long terme avec l’étudiant, l’engagement pouvant être revu à tout moment par une ou l’autre des parties en présence. « Cela nous permet de préparer dès le Master les étudiants à la recherche et de faciliter leur insertion dans le monde de la recherche ». Effectivement, c’est aussi ça la vie d’un laboratoire : préparer l’avenir !

« Nous formons avant tout des citoyens européens, sans démagogie ou propagande, mais avec une vision réaliste des choses » et cette vision repose sur les résultats de la recherche scientifique.

 

Crédits : Ciera.fr
 

 

Amener de nouvelles possibilités : le CIERA

Certains lecteurs pourraient nous rétorquer qu’il s’agit essentiellement de formation, mais rappelons que la formation, surtout en Master doit s’appuyer sur les résultats de la recherche effectuée dans les laboratoires et le CEGIL et son axe 1 en font un leitmotiv.

L’axe 1 a lancé un nouveau thème de recherche : l’étude du discours démocratique pendant l’entre-deux guerres. Un thème profondément pluridisciplinaire qui a pour mission de réfléchir à l’évolution du discours sur la démocratie en Allemagne, en France, en Angleterre et en Europe centrale de 1919 à 1939. Si comparaison n’est pas raison, ce thème fait écho à notre actualité et confirme, s’il le fallait encore, l’importance des sciences pour décrypter le monde actuel.

Si ce projet a pu voir le jour, c’est grâce à l’aide du CIERA, le Centre Interdisciplinaire d’Etudes et de Recherches sur l’Allemagne. Depuis 2018, l’Université fait partie de ce réseau qui regroupe treize établissements du supérieur en France ayant une vocation ou l’envie de développer la recherche franco-allemande, quel que soit le sujet !

« Le CIERA crée une opportunité de plus pour se développer à l’international et ainsi lancer des collaborations indispensables dans le contexte européen ». « En effet, les programmes de recherche soutenus par le CIERA profitent d’un cofinancement à hauteur de 60 % du projet. « Cela parait plutôt tourné vers les sciences humaines et sociales, mais pas du tout. Il faut un partenaire allemand, une thématique tournant autour des questions franco-allemandes et aussi l’implication de jeunes chercheurs. ». Tous peuvent donc rejoindre ce type de programme favorisant la coopération internationale.

Ce n’est pas la seule possibilité, il existe d’autres programmes comme le soutien à la mobilité, le programme colloque junior ou encore des formations pour les Master, doctorants et post doctorants. Pour plus d’informations, nous renvoyons au site internet du CIERA.