Temps de lecture : 5 minutes
Factuel est allé à la rencontre de Xavier Manival, nouveau directeur du Pôle Scientifique Biologie Médecine Santé (BMS), pour en savoir plus sur son parcours et ses ambitions.
Factuel : quel est votre parcours ?
Xavier Manival : J’ai entamé mon parcours académique par une thèse de doctorat en biologie structurale à l’Université de Montpellier, consacrée à l’étude des interactions ARN-protéines par Résonance Magnétique Nucléaire (RMN). Mes travaux, menés sur des modèles bactériens, portaient sur des mécanismes clés de la régulation génétique, pour en comprendre les bases moléculaires.
J’ai ensuite approfondi mes recherches lors d’un post-doctorat à Toulouse, où j’ai élargi mon expertise aux complexes ARN-protéines chez l’humain et à leur rôle dans la régulation de l’expression génique. Cette période m’a permis de développer des compétences complémentaires en biophysique, cristallographie des macromolécules biologiques et modélisation moléculaire.
En 2001, j’ai intégré le CNRS au sein de l’équipe MAEM (Maturation des ARN et Enzymologie Moléculaire) à Nancy, en tant que chercheur. Mon travail s’est concentré sur la biologie structurale appliquée à l’étude des particules ribonucléoprotéiques (RNP) spécialisée dans la maturation du ribosome. L’objectif est d’élucider les mécanismes d’assemblage de ces complexes, dont les dysfonctionnements sont à l’origine de plusieurs pathologies humaines, notamment les ribosomopathies.
Pour mener à bien l’ensemble de mes recherches, j’ai régulièrement utilisé de grands équipements de pointe, tels qu’un spectromètre de RMN, un diffractomètre à rayons X, et plus récemment un cryo-microscope électronique à transmission (cryo-EM).
Mes travaux s’inscrivent dans le cadre d’une recherche fondamentale appliquée, visant à comprendre les mécanismes moléculaires sous-jacents aux pathologies et à ouvrir des pistes thérapeutiques innovantes.
Factuel : pouvez-vous présenter en quelques mots votre activité ?
Xavier Manival : Je suis actuellement Directeur de recherche au CNRS et co-responsable de l’équipe RNA/P au sein du laboratoire mixte CNRS-Université de Lorraine IMoPA (Ingénierie Moléculaire, Cellulaire et Physiopathologie). Les projets de notre équipe se concentrent sur la biologie des ARN non codants et l’assemblage des complexes ribonucléoprotéiques (RNP), dans des contextes physiologiques et pathologiques. Nos travaux étudient les bases moléculaires des mécanismes impliqués dans le stress cellulaire, les cancers, ainsi que les maladies cardiovasculaires et rares afin d’identifier des cibles thérapeutiques potentielles.
Parallèlement, je suis responsable scientifique de deux plateformes technologiques du Service Mutualisé de Plateformes (SMP) IBSLor de l’Université de Lorraine :
- la plateforme de Résonance Magnétique Nucléaire (RMN);
- la plateforme de Cryo-microscopie électronique (Cryo-EM).
J’étais directeur adjoint du pôle Biologie-Médecine-Santé (BMS) depuis 2022 et j’exerce depuis le 23 février 2026 les fonctions de directeur. Je me considère comme un animateur scientifique à l’interface entre les directeurs d’unités de recherche du pôle et le Vice-Président recherche de l’Université. Mon rôle est de mettre en œuvre les grandes orientations stratégiques de l’établissement, tout en veillant à stimuler les initiatives, initier des partenariats, simplifier les processus, et renforcer la cohésion au sein du pôle.
Factuel : Quels sont vos projets au sein du Pôle Scientifique BMS?
Xavier Manival : Le Pôle Biologie Médecine Santé comporte 8 unités de recherche : CITHEFOR (CIbles THErapeutiques FORmulation), DCAC (Défaillance Cardiovasculaire Aiguë et Chronique), DevAH (Développement Adaptation Handicap), IADI (Imagerie Adaptative Diagnostique et Interventionnelle), IMoPA (Ingénierie Moléculaire, Cellulaire et Physiopathologie), INSPIIRE (Interdisciplinarité en Santé Publique, Interventions & Instruments de mesure complexes – Région Est), NGERE (Nutrition-génétique et exposition aux risques environnementaux), et SIMPA (Stress Immunité Pathogènes). Il comprend également le SMP IBSLor qui soutient les activités de recherche grâce à la mutualisation de ses équipements de pointe. Les tutelles des unités de recherche du pôle sont l’Université de Lorraine, le CNRS et l’INSERM.
J’arrive à la direction du pôle BMS dans un contexte particulier à plus d’un titre. Premièrement, ce mandat sera d’une durée d’un an, car il s’agit d’une période transitoire à la suite du départ à la retraite du Pr. Didier Mainard que je remercie vivement pour tout son engagement. Cette période permettra notamment de poursuivre les actions en cours.
Deuxièmement, le pôle BMS devra réaliser une cartographie scientifique et organisationnelle de ses unités et équipes, afin d’identifier les compétences, savoir-faire et interactions, et de préparer les futures orientations stratégiques. Les axes thématiques de ces différentes équipes de recherche sont très diversifiés, parfois communs, allant de la biologie fondamentale (mécanistique) à la santé publique, de l’imagerie médicale à la biomécanique et de la biologie moléculaire et cellulaire, physiologie à la clinique. Une nouvelle structuration s’impose. C’est un travail passionnant et motivant qui sera défini par la science, les humains, et les tutelles.



