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Vers une culture commune de la coopération en Europe : pari réussi pour l’INSPÉ d’Epinal.


Temps de lecture : 6 minutes

Retour sur le succès des Journées Européennes de l’Éducation Nouvelle

Les 3 et 4 mars 2026, l’INSPÉ de Lorraine – site d’Épinal – a accueilli deux Journées européennes d’études consacrées à l’Éducation Nouvelle, intitulées « Former à et par l’Éducation Nouvelle : vers une culture commune de la coopération en Europe ». L’événement a rencontré un grand succès, réunissant près de 300 participant.es et participants : enseignantes et enseignants, formatrices et formateurs, chercheures et chercheurs européens, étudiantes et étudiants ainsi que des praticennes et praticiens engagés dans les mouvements pédagogiques. Cette affluence témoigne de l’intérêt croissant pour les pédagogies coopératives et pour le dialogue entre recherche, formation et pratiques de terrain. Ce dialogue s’est appuyé sur la présence d’un riche comité scientifique de dimension internationale réunissant, entre autres, Véronique Barthélémy, Mathilde Benmerah, Sandrine Breithaupt, Andrea Capitanescu Benetti, Diana Draghici, Henri-Louis Go, Clothilde Jouzeau, Despina Karakatsani, Denis Morin et Lucas Profillet, Michelle Proyer…

Organisées sous l’impulsion de Mathilde Benmerah, directrice de l’INSPÉ d’Épinal, ces journées ont bénéficié d’une organisation particulièrement efficace et d’un partenariat étroit avec les mouvements d’Éducation Nouvelle, notamment avec le Groupe Vosgien de l’École Moderne (ICEM). Celui-ci a joué un rôle déterminant dans la dynamique de l’événement, en mobilisant un réseau important d’enseignant.es et en contribuant activement à la conception et à l’animation de nombreux ateliers coopératifs.

La manifestation s’est ouverte par un moment fort : la projection du film « Freinet par Freinet », du réalisateur Michel Mulat (Institut Coopératif de l’École Moderne – ICEM), un film-manifeste retraçant la pensée et l’héritage pédagogique de Célestin Freinet. Cette entrée en matière a donné le ton de ces deux journées placées sous le signe de la coopération, de l’émancipation et de l’innovation pédagogique.

La première journée, consacrée aux conférences et aux espaces de débats, a permis de croiser les regards à travers des modalités inédites regroupant étudiants, chercheurs européens et praticiens engagés. Plusieurs tables rondes ont interrogé les enjeux contemporains de la formation des enseignant·es à l’Éducation Nouvelle : articulation entre recherche et terrain, architecture scolaire et apprentissage hors les murs, liens avec l’éducation populaire ou encore rôle de ces pédagogies dans la formation démocratique des apprenants.

Parmi les interventions marquantes, la conférence de Clotilde Jouzeau Kraeutler (CREAD – ICEM), intitulée « La classe coopérative : un espace de coéducation », a particulièrement captivé l’assistance. En interrogeant les relations entre l’école, les familles et la société, elle a mis en lumière combien la coopération éducative et la recherche d’une véritable cohérence entre les différents acteurs constituent des leviers essentiels pour construire une école plus inclusive. Cette réflexion invite également à penser l’école comme un espace de culture de paix, un lieu d’apprentissage concret de la démocratie, où se forment des citoyens capables de dialogue, de responsabilité et de participation à la vie collective. L’intervention de Céline Bouhours (GVEM), intitulée « Théâtre, cuisine et concertation : trois façons d’inviter les familles dans l’école », a également nourri la réflexion collective en mettant en perspective les enjeux contemporains de la formation et de la transmission des principes de l’Éducation Nouvelle.

Cette seconde journée, organisées dans le cadre des 9e Rencontres régionales sur la coopération à l’école, a constitué le prolongement concret de la réflexion théorique engagée la veille. Pilotée avec l’appui du Groupe Vosgien de l’École Moderne (GVEM), elle a donné lieu à un grand nombre d’ateliers participatifs particulièrement suivis, permettant aux participants d’expérimenter différentes techniques coopératives. Ces ateliers, organisés en rotations, ont rencontré un franc succès, illustrant l’intérêt des enseignant.es pour des dispositifs directement transférables en classe. Ainsi, les participant.es ont pu se glisser dans la peau d’un élève pour utiliser et découvrir le « Plan de travail », s’initier à la création collective d’une émission avec l’atelier « Faire de la radio en classe », ou encore pratiquer le « Texte libre », outil emblématique permettant de retrouver tout le sens de la communication écrite.

Les journées se sont conclues par une conférence de clôture, qui a proposé une réflexion stimulante sur les relations entre Éducation nationale et Éducation Nouvelle, montrant que l’opposition souvent évoquée entre ces deux univers pouvait laisser place à une alliance lucide et féconde au service d’une école plus juste et plus coopérative. Cette conférence de clôture, qui portait précisément le titre « Éducation Nationale, Éducation Nouvelle : un mariage impossible ? » a été présentée par Sandrine Breithaupt en sa qualité de professeure associée à la Haute École Pédagogique du canton de Vaud (Suisse) et membre du Lien International de l’Education Nouvelle (LIEN). Cette intervention, enrichie par les prises de parole de Clotilde Jouzeau Kraeutler et Denis Morin (Université de Lorraine, ICEM), a permis de souligner la nécessité de renforcer les passerelles entre recherche, formation et pratiques pédagogiques.

Au terme de ces deux journées particulièrement denses, un constat s’impose : l’Éducation Nouvelle – de la Maternelle à l’Université – demeure une source vive d’innovation pédagogique et de réflexion scientifique à l’échelle européenne. Par la richesse des échanges, la diversité des participant.es et la qualité des ateliers proposés, ces Journées européennes d’Épinal ont pleinement atteint leur objectif : faire dialoguer étudiants, chercheurs et praticiens pour construire une véritable culture de la coopération au sein de l’enseignement publique. Le succès de la manifestation confirme ainsi la place qu’occupe désormais l’INSPÉ d’Épinal, comme lieu de rencontre et de réflexion pour la formation aux pédagogies coopératives dans le paysage universitaire de Lorraine


Inspe Epinal - Journées d'études européennes