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Un schéma pour renforcer l’accessibilité numérique à l’université


Temps de lecture : 4 minutes

 

Le Schéma pluriannuel de mise en accessibilité numérique (SPAN) 2025-2028 a été présenté au conseil d’administration de l’Université de Lorraine du 10 mars 2026. Il s’inscrit dans la stratégie du numérique responsable de l’établissement. Ce qui se cache concrètement derrière ce document, avec Sabine Petitjean-Coria, directrice adjointe du numérique en charge de la stratégie Numérique responsable, et Xaviéra Autissier, Référente Accessibilité numérique (RAN).

En quoi consiste le SPAN ?

Sabine Petitjean-Coria : Le SPAN est un document obligatoire, depuis 2019, qui définit un plan d’action sur plusieurs années pour rendre l’ensemble de nos services numériques accessibles à tous et toutes. Cela inclut nos sites web, applications, vidéos, documents administratifs, supports de cours et de communication. L’accessibilité numérique n’est donc pas une option ou une faveur. Il ne faut pas oublier qu’elle concerne 12 millions de personnes en situation de handicap en France plus toutes celles qui peuvent être ponctuellement en situation de handicap (accidents de la vie, contexte bruyant, etc.).

Quels sont les principaux enjeux de l’accessibilité numérique?

Xaviéra Autissier : Au-delà des obligations légales, l’accessibilité numérique est une question d’inclusion et d’égalité des droits. Elle permet à chacun, qu’il soit aveugle, sourd, malvoyant, ayant des difficultés motrices, cognitives ou toute incapacité temporaire ou permanente, d’accéder à toutes les informations et tous les services sans obstacles. Quatre grands principes garantissent un service numérique accessible à tous et toutes, sans exclusion :

  1. les contenus doivent être perceptibles par tous et toutes ;
  2. l’interface doit être facilement utilisable quel que soit le système de navigation ;
  3. les contenus et la navigation doivent être compréhensibles ;
  4. les technologies utilisées doivent être robustes pour être compatibles avec les outils d’assistance.

S P-C : Pour concrétiser ces obligations, les organisations disposent d’un outil réglementaire : le Référentiel général d’amélioration de l’accessibilité (RGAA). Il fournit aux équipes techniques un cadre et des critères pour rendre les services numériques accessibles.

L’université a déjà travaillé sur l’accessibilité numérique.

X A : Oui, je suis Référente Accessibilité numérique depuis 2019. Ma mission première s’attachait à garantir l’accessibilité des sites web dès leur conception. À présent, je pilote et coordonne la démarche d’accessibilité numérique de l’établissement, notamment à travers la mise en œuvre du SPAN et l’accompagnement des équipes dans l’amélioration de l’accessibilité des services numériques. Plusieurs services ont d’ores et déjà été rendus plus accessibles, comme la gestion des comptes informatiques (SESAME), l’authentification (CAS), les enquêtes en ligne (LimeSurvey), mais aussi l’application mobile ou encore Kapps’UL, le service d’instanciation d’environnements numériques pour l’enseignement. De la documentation pour rendre les supports de cours accessibles est également disponible, ainsi qu’un canal d’échange sur Rocket Chat.

En quoi le SPAN est-il important pour l’Université de Lorraine ?

S P-C : Depuis 2015, différents projets touchant à l’accessibilité numérique sont menés à différents endroits de l’établissement. Le SPAN va permettre de les cadrer et d’avancer tous ensemble dans la même direction.
Par ailleurs, le numérique est partout à l’université. Il y a plus de 300 services numériques, juste à la direction du numérique, 12 600 vidéos sur ULTV, plus de 450 sites web, auxquels on peut ajouter tous les documents administratifs ou supports de cours… Le SPAN définit donc le cadre organisationnel et encadre précisément ce qui relève de notre responsabilité légale : les services numériques publics.

Quels sont les objectifs concrets d’ici 2028 ?

X A : Nous visons une conformité minimale de 60 % des services existants et 80 % pour les nouveaux. Nous prévoyons aussi de réduire de 10 % par an la dette technique, notamment grâce à la formation de nos équipes, et d’intégrer l’accessibilité dès la conception des projets.

S P-C : Enfin, l’obligation de rendre accessibles tous les services numériques de l’université concerne également les projets développés en dehors du périmètre direct de la direction du numérique. Or, des services non accessibles peuvent entraîner des sanctions réglementaires et nuire à l’image de l’établissement. C’est pourquoi l’accessibilité numérique est l’affaire de toute la communauté !