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Un inventaire de la biodiversité à l’Université de Lorraine ? On vous explique !


Temps de lecture : 7 minutes

L’Université de Lorraine est implantée sur 53 sites en Lorraine, ce qui fait d’elle un acteur à part entière du territoire. Elle s’engage résolument dans la mise en œuvre et l’accompagnement d’actions transformantes afin de relever les défis environnementaux. La transition écologique est un point essentiel de la politique de l’établissement. Œuvrer pour mieux connaître et considérer la biodiversité au sein des différents sites s’avère donc être un enjeu d’ampleur afin de mener à bien cette transition. L’Université de Lorraine s’inscrit donc dans une démarche de connaissance et de préservation de la biodiversité présente sur ses campus en cohérence avec les politiques territoriales dans lesquels elle est implantée.

Qu’elle soit de passage sur les campus, qu’elle profite des arbres à cavités de nos espaces verts ou encore qu’elle niche discrètement dans les fissures des façades des bâtiments, la faune et la flore sont partout à l’Université de Lorraine.


Loin de la richesse des parcs naturels régionaux, la biodiversité urbaine présente néanmoins des caractéristiques très intéressantes que l’université doit prendre en considération dans tous ses projets, qu’ils affectent le bâti ou les espaces extérieurs. Certaines espèces que l’on retrouve sur nos campus sont protégées par le Code de l’environnement. Cela signifie donc qu’il est interdit de leur nuire ou de nuire à leur habitat. Au-delà des spécificités réglementaires, toute la faune, toute la flore et l’ensemble des habitats créent un équilibre indispensable au maintien des services écosystémiques rendus par cette biodiversité : rafraîchissement des villes, pollinisation, travail du sol, décomposition de la matière organique, production d’oxygène, gestion de l’eau, etc.

Mais comment cela se passe concrètement sur le terrain ?

Comment fait-on pour connaître la présence de ces espèces ? Tout se joue en amont des projets, d’où l’importance d’anticiper et d’intégrer toutes les contraintes réglementaires. Ces études ne sont donc pas un bonus vert mais bien un sujet juridique qui nécessite une planification et une expertise avérée.

C’est là qu’interviennent les écologues ! Ils possèdent une expertise naturaliste fine sur différents groupes taxonomiques (chauves-souris, oiseaux, plantes, insectes, etc.). Ils réalisent alors des inventaires qui s’établissent souvent sur les quatre saisons, permettant d’inventorier les espèces durant tout leur cycle de vie.

Au-delà des espèces protégées, les espèces considérées comme étant plus ordinaires restent tout autant importantes et le meilleur moyen de les protéger est de les connaître ! Un inventaire naturaliste n’est donc pas seulement une liste d’espèces observées sur un périmètre. C’est avant tout une étude :

  • écosystémique, c’est-à-dire qu’un milieu n’est pas une addition d’espèces mais un assemblage unique conditionné par le sol, le climat, l’histoire et les usages ;
  • relationnelle, c’est-à-dire que ce sont les différentes interactions entre individus qui forment l’écosystème : pollinisation, prédation, symbiose, etc.

Un calendrier de campagne de terrain est alors élaboré afin de calibrer les différentes prospections pendant les quatre saisons. Chaque écologue, spécialiste d’un groupe en particulier, intervient à un moment précis de l’année pour être sûr de rencontrer un maximum d’individus. Pour un botaniste, la meilleure période se situe au printemps lorsque les fleurs apparaissent, par exemple, ou lorsque les arbres retrouvent leurs feuilles. Pour un expert chiroptérologue (l’expert des chauves-souris), la période d’observation la plus favorable se situe de mai à août, spécifiquement dans l’heure suivant le coucher du soleil, car c’est à ce moment qu’elles sortent de leur cachette pour se nourrir.

Les experts, selon les espèces recherchées, peuvent utiliser différentes méthodes et outils :

  • des jumelles thermiques,
  • des détecteurs à ultrasons,
  • des caméras endoscopiques,
  • des pièges photographiques,
  • des filets.

À l’issue de la campagne de terrain, les résultats de l’étude permettent notamment de décrire les différents habitats localisés sur le site d’étude ainsi que les espèces en présence, protégées, menacées ou non. Cela permet alors d’établir, à une échelle précise, le niveau d’enjeux écologiques du site d’étude relatif au nombre d’espèces observées mais aussi à leur statut (espèces représentatives Zones Naturelles d’Intérêt Ecologiques Faunistiques et Floristiques, protégées, menacées, quasi menacées ou vulnérables d’après les listes rouges régionales et nationales de l’Union Internationale de la Conservation de la Nature).

Souvent, cela se traduit sous forme de cartographies d’enjeux allant de faible à fort. Ces cartes sont de véritables outils d’aide à la décision pour le maître d’ouvrage afin d’intégrer au mieux les enjeux de biodiversité à leur projet.

Ce type d’étude permet également de formuler des recommandations opérationnelles pour une gestion raisonnée des espaces verts.

Et pour la suite ? Découvrez les prochains projets biodiversité à l’université !

Après avoir réalisé l’inventaire de biodiversité sur le campus du CLSH, plusieurs inventaires sont prévus pour l’année 2026. C’est notamment le cas dès le mois de janvier sur le campus Brabois Santé dans le cadre du programme AMI Écocampus. Il aura pour objectif une meilleure connaissance du patrimoine naturel du campus pour aménager certains espaces mais surtout pour sensibiliser les usagers du site à la richesse faunistique et floristique présente autour d’eux au quotidien et à l’importance de la préserver.

Dans le cadre du projet Saulcy 2035, un inventaire biodiversité est également prévu courant 2026 sur le campus du Saulcy.

Par ailleurs, un contrôle des gîtes à chauves-souris installés à l’IUT Henri Poincaré de Longwy sera réalisé afin de suivre leur occupation et d’en évaluer l’efficacité, sous le contrôle de la DREAL. Le premier suivi a été effectué en 2025. Le second est prévu en 2026 et un dernier passage de suivi est programmé à l’horizon 2030. Ces interventions s’inscrivent ainsi dans un dispositif de suivi à moyen et long terme.

Enfin, dans le cadre des travaux de rénovation des façades et des toitures de l’IUT de Thionville-Yutz, un diagnostic écologique simplifié sera réalisé afin de vérifier la présence éventuelle d’espèces protégées. Les résultats permettront, le cas échéant, d’adapter les travaux en conséquence.

Pour aller plus loin

Un portail en ligne a été conçu par le CEREMA pour accompagner les établissements dans le choix de leurs aménagements végétaux. L’objectif est clair : bien se renseigner avant d’agir lors de la plantation de nouveaux arbres ou de nouvelles plantes sur un campus, afin de garantir des aménagements durables et respectueux des écosystèmes.

Pour toute question ou pour être accompagné dans une démarche en faveur de la biodiversité, vous pouvez également contacter Fanny Marchant, chargée de projet biodiversité, à l’adresse suivante : fanny.marchant@univ-lorraine.fr


Inventaire biodiversité