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À la croisée des sciences de gestion et du droit, le club ORION TransiNum explore les enjeux de la transition numérique en entrepreneuriat. À travers cette interview, les doctorants-managers du club Yao Novisi DJIMABI et Fandame BOUKARI reviennent sur la genèse du club, ses ambitions et les expériences qu’il propose aux étudiants.
Pouvez-vous nous parler de vous et de votre club ?
Yao : Je suis Yao Novisi DJIMABI, doctorant en deuxième année de thèse en sciences de gestion spécialité entrepreneuriat. Mes travaux de recherche se situent à l’intersection de l’entrepreneuriat et de la communication. Plus précisément, j’étudie comment la rhétorique l’art de convaincre permet aux étudiants-entrepreneurs de mobiliser des partenaires, des clients ou des investisseurs autour de leurs projets encore incertain, ce que nous qualifions d’état gazeux. En parallèle de cette réflexion, avec mon collègue Fandame, nous avons créé le club ORION TransiNum (Transition Numérique en Entrepreneuriat et ces Implications Juridiques). Un collectif de réflexion et d’échange dédié aux enjeux de la transition numérique en entrepreneuriat. Le club s’intéresse aux transformations profondes qu’entraîne le numérique : nouvelles formes de création d’entreprise, modèles d’affaires digitalisés, plateformes, intelligence artificielle, mais aussi aux mutations des pratiques managériales et des dynamiques d’accompagnement. Notre objectif est double. D’une part, analyser ces évolutions avec un regard académique rigoureux. D’autre part, créer un espace de dialogue entre chercheurs, entrepreneurs et étudiants afin de mieux comprendre comment le numérique redéfinit les manières d’entreprendre.
Fandame : Actuellement en deuxième année de thèse en droit privé et sciences criminelles, je mène des recherches sur le contentieux individuel du travail en France et au Togo.
Dans le prolongement des propos de Yao, notre club adopte une approche pluridisciplinaire en réunissant les sciences de gestion et les sciences juridiques. Il a pour ambition d’initier ses membres à la recherche en les plaçant au cœur des projets, comme de véritables acteurs et non de simples participants.
Parmi les thématiques abordées avec les étudiants figurent notamment l’impact et les usages de l’intelligence artificielle dans la recherche, ainsi que les enjeux liés à la protection des données. Des ateliers de discussion sont également organisés autour de sujets tels que la transition numérique en entrepreneuriat. Le club constitue en outre une opportunité pour les étudiants de se familiariser davantage avec le monde professionnel, notamment grâce à des visites de laboratoires de recherche.
Qu’est-ce qui vous a poussé à entreprendre cette aventure ?
Yao : Avant tout, je dirai qu’il s’agit d’une aventure particulièrement enrichissante. En tant que doctorant, il est essentiel de se consacrer pleinement à sa thèse et à ses travaux de recherche ; toutefois, il est tout aussi important de s’investir dans des activités complémentaires. Ces engagements contribuent à élargir la réflexion et à stimuler la dynamique intellectuelle. L’objectif de notre club est de promouvoir et de produire de la connaissance. Même si la thématique du club diffère de celle de ma thèse, elle l’enrichit et offre un espace de partage et de diffusion de nos travaux auprès d’un public plus large. Enfin, l’un des aspects les plus stimulants réside dans la réciprocité des échanges : les étudiants, à leur tour, nous apportent des perspectives et des apprentissages précieux.
Fandame : Je me suis lancé dans cette aventure pour mettre à profit mes connaissances, m’ouvrir à d’autres disciplines et faire de nouvelles rencontres. J’y ai également vu l’occasion de vulgariser la recherche et de participer à des ateliers avec des étudiants, des activités qui me passionnent.
Cette démarche permet aussi de montrer que les chercheurs ne sont pas uniquement des scientifiques enfermés dans leur laboratoire. Nous sommes des personnes engagées, porteuses d’un savoir que nous souhaitons partager et rendre accessible.
Quelles sont les activités du club ?
Yao : Les activités du club s’articulent autour d’expériences à la fois pédagogiques et immersives, en cohérence avec les enjeux de la transition numérique en entrepreneuriat. Nous prévoyons organiser notamment des jeux de simulation, qui permettront aux participants d’expérimenter des situations entrepreneuriales complexes, des prises de décision en environnement incertain, la stratégie numérique, la gestion de projet innovant. L’objectif est d’apprendre par la mise en situation et par l’analyse réflexive. Le club prévoit également des hackathons, conçus comme des temps intensifs de co-création. Ces formats favorisent l’interdisciplinarité, la résolution de problèmes concrets et l’exploration rapide d’idées innovantes, souvent en lien avec des problématiques numériques actuelles. Par ailleurs, des visites de laboratoires de recherche, d’incubateurs et d’entreprises technologiques sont programmées. Ces immersions permettent de mieux comprendre l’écosystème de l’innovation, de saisir les interactions entre recherche et pratique, et d’observer comment les dynamiques numériques transforment concrètement les organisations. Nous prévoyons également d’organiser, en fin d’année, une journée de recherche. Cette journée aura pour objectif de créer un espace structuré d’échanges autour des enjeux de la transition numérique en entrepreneuriat. Elle permettra aux doctorants, enseignants-chercheurs, étudiants et praticiens de présenter leurs travaux, de discuter de problématiques émergentes et de confronter les perspectives académiques et opérationnelles.
Fandame : En complément, nous voulons miser sur le ludique pour faire participer plus d’étudiants. Des échanges autour de sujets variés sont également prévus pour nos soirées after-work.
Que diriez-vous à un étudiant qui hésite à rejoindre votre club ?
Yao : Je lui dirais simplement ceci : si tu hésites, c’est probablement qu’il est curieux et la curiosité est une excellente raison de nous rejoindre. Le club n’est pas un engagement, c’est un espace pour expérimenter, comprendre les transformations numériques de l’entrepreneuriat et développer des compétences concrètes autrement qu’en cours. Qu’il y gagnera en réflexion, en réseau et en confiance. Et au pire, qu’il aura appris quelque chose. Au mieux, qu’il aura trouvé un collectif qui stimule vraiment sa manière de penser et d’agir.
Fandame : Qu’il n’a rien à perdre et beaucoup à gagner. Rejoindre notre club, c’est l’occasion de sortir de sa zone de confort, de rencontrer des profils variés et de développer des compétences complémentaires à celles acquises en cours. C’est aussi un espace bienveillant pour partager ses idées, apprendre des autres et s’engager dans des projets concrets. Même en cas d’hésitation, l’expérience vaut la peine d’être tentée.
Les sujets des clubs sont en lien avec votre sujet de thèse, pouvez-vous nous en parler ?
Yao : Les thématiques du club ne recoupent pas directement avec celle de ma thèse. Mes travaux portent spécifiquement sur la communication entrepreneuriale, tandis que le club s’intéresse plus largement aux enjeux de la transition numérique en entrepreneuriat. Cependant, les deux s’inscrivent dans un même champ celui de l’entrepreneuriat et ce décalage est justement fécond. Il m’ouvre à d’autres problématiques, à d’autres cadres d’analyse et à des questionnements complémentaires. Cela élargit mon horizon intellectuel et m’expose à des dynamiques que je n’aurais peut-être pas explorées dans le strict cadre de ma thèse. En ce sens, même si le lien n’est pas direct, cette expérience nourrit ma réflexion et pourra constituer un appui précieux pour mes recherches futures.
Fandame : Il n’existe aucun lien direct entre ma thèse et le thème de notre club. Ma recherche porte sur le contentieux individuel du travail, en analysant les règles et pratiques procédurales en France et au Togo. Il s’agit de partir du modèle français pour étudier la pratique actuelle du contentieux individuel du travail au Togo, ainsi que dans certains pays d’Afrique subsaharienne francophone.
Cela étant, comme l’a souligné Yao, l’absence de lien thématique ne signifie pas que l’on n’y apprend rien. En tant que juriste, il est essentiel d’élargir ses horizons et de s’intéresser à des disciplines variées. Par ailleurs, l’engagement dans la gestion du club est valorisé sous forme de crédits dans le cadre de notre formation doctorale. L’ensemble de ces expériences contribue, directement ou indirectement, à enrichir ma réflexion et nourrit ainsi mon travail de thèse.
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