Temps de lecture : 8 minutes
En décembre 2024, l’Université de Lorraine publiait son schéma directeur Transition écologique (TE), qui décrit sa stratégie dans le domaine à horizon 2027. Le bilan de mi-parcours a été présenté au conseil d’administration du 10 mars 2026. Le point sur les avancées et les perspectives avec Guillain Mauviel, vice-président Transition écologique, et Laure-Elise Briois, déléguée Transition écologique.
Pouvez-vous rappeler rapidement les ambitions du schéma directeur Transition écologique de l’Université de Lorraine ?
Guillain Mauviel : Ce schéma directeur TE, construit avec les acteurs et les actrices de l’université, répond à deux objectifs majeurs : favoriser un nouveau modèle de société durable à travers ses missions de formation, de recherche et d’innovation ; et être exemplaire sur l’atténuation de ses propres impacts. L’ensemble des enjeux environnementaux est pris en compte, que ce soit le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, la pollution ou l’amenuisement des ressources… L’ensemble de la communauté universitaire a un rôle à y jouer.
Un des objectifs phare de cette stratégie est la réduction de 6% par an de l’impact carbone de l’université. Où en est-on ?
Laure-Élise Briois : Entre 2023 et 2024, la réduction de l’empreinte carbone des achats de l’établissement a été de 6,9 %, puis de 3,80 % entre 2024 et 2025, liée principalement à la baisse de la consommation d’énergie et celle des travaux immobiliers. En 2025, des actions transformantes ont été menées, comme la nouvelle politique voyage, qui limite les trajets en avion aux seuls cas où le même trajet en train dépasse 9 heures porte-à-porte. Autres exemples qui transforment également nos pratiques au quotidien : les politiques impression et équipements de proximité, ou encore la nouvelle politique traiteur, construites avec la direction des achats et des marchés publics et d’autres acteurs et experts. On peut aussi citer le travail de la cellule Énergie de la direction du patrimoine immobilier, dont les opérations permettent chaque année de réduire notre consommation de chaleur et plus spécifiquement notre consommation de gaz naturel.
Comme vous l’avez dit, l’Université de Lorraine s’engage à favoriser un nouveau modèle de société durable, notamment via la formation et la sensibilisation. Quelles sont les actions entreprises ?
G M : Pour la formation initiale, nous avons notamment mis en place le certificat SENSE (Se saisir des enjeux sociétaux et environnementaux), dont le suivi est obligatoire pour valider les diplômes de 1er cycle. En 2024-2025, 87 % des étudiantes et étudiants inscrits en licence 2 et BUT 2 l’ont obtenu. Il reste encore du travail à réaliser pour que l’apprentissage de ce certificat soit mieux vécu par les étudiantes et étudiants, car le volume de travail distanciel demandé est important (de l’ordre de 30h sur la première et la deuxième année). Il est également nécessaire de tisser des liens pédagogiques entre les contenus de SENSE et les contenus disciplinaires.
L-É B : Quant à la formation des personnels, nous menons également une ambitieuse politique de formation continue, et proposons en 2026 une offre de formation ciblée par publics spécifiques (correspondant·es TE, doctorant·es, chercheur·es, enseignant·es,, néo-managers, etc.), mais aussi par métiers spécifiques, comme ceux du patrimoine immobilier. Côté étudiant, nous souhaitons également consolider la formation des associations étudiantes avec un nouveau module spécifique RSE (Responsabilité sociétale et environnementale).
Enfin, nous pilotons de nombreuses actions de sensibilisation ou de mise en mouvement, comme le challenge Ma Petite Planète, l’organisation de Fresques du Climat, du Numérique, de la sobriété ou de la Biodiversité. En 2025, ce sont ainsi plus de 1 700 personnes qui ont été mobilisées.
On entend parler d’un programme Écocampus, de quoi s’agit-il ?
GM : Grâce à l’impulsion de la présidente, 2 millions d’euros ont pu être consacrés à la transition écologique via le COMP Etat (Contrats d’objectifs de moyens et de performance). Le programme Écocampus est alors né via un AMI interne diffusé fin 2024 auprès de tous les campus de l’université. Ce programme vise à soutenir humainement et financièrement les démarches permettant de tendre vers la sobriété et la durabilité, tout en proposant un cadre de vie favorisant le bien-être individuel et le mieux vivre ensemble.
L-É B : Et cette dynamique Écocampus est déployée depuis avril 2025 sur 11 campus, qui couvre donc près de 33 000 personnels, étudiantes et étudiants, soit près de la moitié de la communauté universitaire. Une équipe transversale du central (DRSE, DPI, DBF, DAMP, DCOMM) accompagne et soutient ces écocampus dans leur dynamique. De nombreuses actions transformantes ont déjà été déployées courant 2025, avec notamment 22 abris-vélos installés, des inventaires biodiversité, des projets de désimperméabilisation, etc.
Les transports domicile-campus des étudiantes, étudiants et personnels pèsent pour près de la moitié du bilan carbone de l’université. Y-a-t-il des évolutions positives sur ce sujet crucial ?
L-É B : les résultats de l’enquête mobilité 2025 seront disponibles prochainement, mais les premiers résultats indiquent une baisse significative de l’autosolisme entre 2022 et 2025 : de 25 % à 16 % chez les étudiantes et étudiants, et de 52 % à 41 % chez les personnels. Sur ce sujet aussi, nous menons des actions d’incitation à l’adoption des mobilités durables, comme le prêt de vélos à assistance électrique (VAE), des ateliers de réparation de vélos ou la promotion des dispositifs d’aides.
Ce bilan de mi-parcours met-il à jour de nouvelles priorités ?
L-É B : Sans pouvoir être exhaustive, nous allons intensifier nos efforts sur plusieurs fronts :
- La formation continue des personnels, comme évoqué plus tôt ;
- Concernant les mobilités, nous allons élaborer des plans de mobilité pour plusieurs campus et poursuivre nos efforts pour modifier les habitudes de déplacement, via la sensibilisation et la mise en mouvement (prêt de 80 vélos à assistance électrique sur 1 mois par exemple) ;
- Dans le cadre de l’adaptation au changement climatique, nous mènerons un travail d’analyse des risques climatiques pour produire des plans de continuité d’activité ;
- Nous allons bien entendu continuer à soutenir la communauté universitaire dans ses actions. De nombreux campus s’emparent en effet de ces enjeux et souhaitent mobiliser leurs personnels, étudiantes et étudiants. Nous envisageons la constitution de collectifs Transition écologique sur les campus que nous pourrons outiller sur les bonnes pratiques ;
- Enfin, nous continuerons à contribuer à la dynamique de stratégie territoriale, en particulier dans le cadre des Schémas de déploiement universitaires territoriaux (SDUT).
La communauté universitaire est-elle investie dans cette démarche ?
G M : Le sujet écologique est moins mis en avant que dans les années 2015-2020 et on pourrait même penser que ce n’est plus du tout une priorité car d’autres sujets sont plus actuels (l’intelligence artificielle, les crises internationales, la crise agricole…). Mais, en fait, une majorité de personnes ont bien conscience que le changement climatique et l’érosion des ressources ont des conséquences délétères sur la société dès maintenant. Parmi cette majorité, il existe de nombreuses personnes à l’Université de Lorraine qui parviennent à dépasser le fatalisme ambiant pour agir avec enthousiasme. Il nous appartient de les soutenir et aussi de montrer à toute la communauté que l’action est possible – en plus d’être nécessaire – car de multiples leviers existent à notre échelle. Outre les Écocampus, pleinement impliqués, de nombreux autres campus se mobilisent, que ce soit via des cellules TSE (Transformation socio-économiques) comme à Mines Nancy, via des associations œuvrant à la Responsabilité sociétale et environnementale (RSE) comme le Challenge Écologie & Solidarité, ou encore les BDE et associations étudiantes qui font vivre ces thématiques sur leur campus.
L-É B : La mission TE de la délégation RSE est d’ailleurs là pour les soutenir dans leur volonté de mobilisation. Les associations étudiantes peuvent désormais se former spécifiquement aux enjeux RSE et à l’organisation d’événements écoresponsables. De nombreux campus s’emparent en effet de ces enjeux et souhaitent mobiliser leurs personnels et étudiants. La Mission TE est en soutien actif de ces initiatives.
Cultiver l’écologie, incarner la transition





![Vers l'article [Expo] « Genre, vous avez dit genre ? » à la BU Droit & Sciences économiques](https://factuel.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/2026/03/Affiche_Expo_Genre-419x600.png)


![Vers l'article [Les ateliers du SOIP] Bien dans mes baskets : Un atelier « bien être et mieux être spécial étudiant·es à Nancy](https://factuel.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/2026/03/9.png)


![Vers l'article [EXPO] Agissons pour l’égalité et la dignité](https://factuel.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/2026/03/factuel-mini.jpg)

![Vers l'article [CONCOURS] Votez pour votre œuvre préférée à l’occasion du concours culturel contre les discriminations !](https://factuel.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/2026/02/Vote-Factuel.jpeg)
![Vers l'article [MELTING POTES] Retour sur la deuxième édition de la Journée de la Diversité à l’IUT Nancy-Brabois](https://factuel.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/2026/02/melting-potes-iutnb-600x400.jpg)
