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[Retour sur] FLE et pédagogie innovante : une journée d’étude inspirante


Temps de lecture : 6 minutes

Cette année, la semaine de la langue française et de la francophonie est célébrée du 17 au 20 mars 2026, c’est l’occasion de revenir sur la journée d’étude organisée, en décembre dernier, par les étudiantes et étudiants de deuxième année de Master Français Langue Étrangère (FLE).

Vendredi 12 décembre 2025, les étudiantes et étudiants ont organisé une journée d’échanges intitulée “Mettre l’apprenant·e au cœur de l’apprentissage : postures, pratiques, ressources”.
Au programme, des interventions pour découvrir et sensibiliser aux pratiques actuelles et aux nouvelles postures pédagogiques qui peuvent contribuer à l’enseignement et la transmission de la langue française.

Une organisation maîtrisée

Avant le début des ateliers, Beyza, Aliya, Emma et Chloé, étudiantes en deuxième année de Master FLE, évoquent l’organisation de la journée et les mois de préparation qui l’ont précédée. Elles évoquent l’engagement de la totalité de la promotion et le fait que la répartition des tâches s’est faite aussi naturellement que le choix des ateliers où chacun.e a pu s’engager dans l’atelier qui l’intéressait le plus et ce, de manière très spontanée.

Pour les quatre étudiantes, le concept de la journée n’était pas une découverte car elles avaient participé à l’édition 2024 en tant que M1. Toutes soulèvent l’importance de l’accompagnement par leurs enseignantes, Virginie André et Maud Ciekanski, qui, dès le début du semestre, les ont accompagnées dans l’organisation de la journée, au travers de cours dédiés à la méthodologie et à la gestion de projet notamment.

Le contexte des travaux sur le CLSH a demandé des ajustements et une modification du format de la journée. Tandis que l’an dernier, chaque atelier s’était implanté dans une salle spécifique, cette année c’est en amphithéâtre que se sont déroulés les présentations et échanges. Le fait que tous les participants se trouvent dans ce même espace a permis de favoriser les échanges spontanés et constructifs.

Au cœur de la journée : des ateliers thématiques

Parmi les 30 étudiantes et étudiants de la promotion 2025-2026, Elise, Carol et Reem reviennent sur le contenu des ateliers dans lesquels elles se sont investies.

L’un des cinq ateliers, liés à la thématique de la journée d’étude, est centré sur l’humain et les émotions dans l’apprentissage et sur l’importance de prendre en considération les émotions dans les différents processus d’acquisition de la langue.

Carol développe plus spécifiquement l’approche choisie pour cet atelier nommé « Le français des cinq sens » qui aborde les méthodologies non conventionnelles. Elle évoque les méthodologies conventionnelles qui négligent parfois certains aspects tels que les émotions, le ressenti ou encore l’expérience de l’apprenant. Or, les méthodologies non conventionnelles intègrent de plus en plus fréquemment l’expérience individuelle afin qu’elle soit ressentie, réfléchie puis exploitée pour favoriser l’apprentissage.

Lors de la présentation de cet atelier, c’est par le rêve éveillé dirigé que les étudiants ont introduit leur approche. Un guidage introspectif, similaire à la méditation guidée, qui peut ensuite être réutilisé à des fins de transmission et d’apprentissage. Elise précise que l’objectif de cette pratique n’est « pas tant l’acquisition de connaissances mais plutôt un moyen d’adopter la bonne posture pour déclencher l’apprentissage et favoriser l’acquisition de la langue ». Pour Carol, l’un des avantages de ce type de pratique est « son adaptabilité à l’âge du public et au matériel disponible dans les infrastructures et espaces d’enseignement ».

En pratique, il s’agit de permettre à l’apprenant de s’approprier l’environnement par le biais de son corps et de ses sensations. Lors du rêve éveillé guidé, la vision est au centre du processus. Il est alors question de stimuler l’imagination grâce à la visualisation.

Parmi les autres ateliers, les étudiant.e.s ont abordé deux postures distinctes d’enseignant puis les spécificités de la visioconférence et de l’apprentissage à distance. Sur ce dernier point, les échanges constructifs se sont multipliés, soulevant des questions sur le langage non verbal, peu perceptible derrière un écran, puis ouvrant le débat sur l’importance du contact visuel et ce quel que soit le medium choisi pour les cours.

Comment utiliser intelligemment l’IA dans la méthodologie de l’apprentissage ?

Lors du dernier atelier de la journée, le public a assisté au procès de l’Intelligence Artificielle Générative (IAG). Le but n’étant pas de dénigrer les progrès technologiques mais plutôt de réfléchir de concert sur l’appropriation de ces nouveaux outils par les enseignants. Reem explique alors que l’atelier consiste à « comparer un dialogue généré par IAG et un corpus authentique », pour saisir les différences, avantages et freins de chacune des deux pratiques.

La journée s’est achevée avec une restitution éclairée par les retours des trois invitées de la journée : Florence Poncet, ancienne enseignante au DéFLE, membre de l’ATILF (laboratoire d’Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française) et du projet FLEURON (Français Langue Etrangère Universitaire Ressources et Outils Numériques), Karmele Alberdi, enseignante-chercheuse en didactique des langues à l’université de Grenade en Espagne, ainsi que Valérie Willié, enseignante experte du FLE/FLI en présentiel et à distance.

En résumé, cette journée d’étude a permis non seulement de réfléchir aux nouvelles pratiques pédagogiques mais aussi de renforcer la cohésion et l’engagement des enseignants de FLE, bénévoles et étudiant.e.s.

Face au succès de cette nouvelle édition, la prochaine est certainement déjà dans les esprits des étudiantes et étudiants de première année de Master qui prendront la relève pour la journée d’étude 2026.