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Jeudi 19 février 2026, le club ORION Sexteens donnait rendez-vous au pub Mac Carthy à Nancy pour son deuxième apéro scientifique Sex’pop. De 18h30 à 20h45, une trentaine de participantes et participants ont pris part à un échange consacré à La Servante Écarlate, série adaptée du roman de Margaret Atwood, afin d’analyser la place des femmes dans cette dystopie devenue un repère majeur de la culture contemporaine.
À travers deux tables rondes, les discussions ont croisé les regards du droit, de la philosophie et des sciences de l’information et de la communication, illustrant pleinement la multidisciplinarité qui fait la richesse des clubs ORION.
Bioéthique et droit à disposer de son corps
La première table ronde, consacrée à la bioéthique et au droit à disposer de son corps, était animée par Camille Augustin, doctorante-manageuse du club, et Ophélie Mantion, boursière d’excellence ORION et membre du club.
Dans l’univers de Gilead, où la fertilité est devenue une ressource rare, certaines femmes sont assignées à la procréation au nom d’un supposé « destin biologique ». À partir de ce cadre fictionnel, les échanges ont permis de questionner les fondements contemporains du droit et les tensions qui traversent la bioéthique.

Sophie Dumas-Lavenac, maîtresse de conférences en droit privé à l’Institut François Gény (Université de Lorraine), a apporté un éclairage juridique sur la notion de disposition de son corps et sur les cadres normatifs qui l’entourent.
Anna Zielinska, maîtresse de conférences en philosophie aux Archives Henri Poincaré (Université de Lorraine), a enrichi la réflexion par une approche philosophique, interrogeant les rapports entre autonomie, contrainte et responsabilité.
Les échanges avec le public ont mis en évidence la force de la fiction comme outil d’analyse critique du réel.
Consentement et libertés des femmes

La seconde table ronde portait sur le consentement et les libertés des femmes. Elle était animée par Cyrielle Gualandris, doctorante-manageuse du club, et Bérénice Bouvret, étudiante du parcours ORION et membre du club.
Dans la société de Gilead, la distinction entre violences sexuelles et « viols légalement autorisés » révèle un système où la domination s’inscrit dans le droit lui-même. Entre désindividuation, possession et devoir conjugal, la notion de consentement est profondément dévoyée.
Maxence Christelle, maître de conférences en droit public au Centre Universitaire de Recherches sur l’Action Publique et le Politique (Université de Picardie Jules Verne), a analysé ces mécanismes à l’aune du droit public et des régimes d’exception.
Laurence Corroy, professeure des universités en sciences de l’information et de la communication au Centre de recherche sur les médiations (Université de Lorraine) et superviseure scientifique du club, a apporté un éclairage sur les représentations médiatiques et les imaginaires sociaux à l’œuvre dans la série.
Le croisement de ces disciplines a permis d’approfondir la réflexion sur les libertés des femmes et sur les formes contemporaines de contrôle des corps.
En prenant appui sur une fiction largement connue du public, la soirée a souligné le rôle essentiel de la recherche pour accompagner les évolutions de la société, analyser les enjeux contemporains et structurer une réflexion collective sur les droits, les libertés et l’égalité.





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