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Thomas Hauet, chargé de mission INFRA+ lors des 4 dernières années et reconduit dans ses fonctions pour 4 ans, nous répond.
Pouvez-vous nous rappeler ce qu’est INFRA+ ?
L’activité de recherche constitue la colonne vertébrale de l’Université de Lorraine comme de ses partenaires organismes nationaux de recherche de l’ISITE Lorraine. Elle enrichit, révise, crée et pérennise les savoirs. Elle améliore aussi leur mise en forme, leur appropriation, et rend possible leur valorisation dans la société. Pour mener à bien cette activité de recherche, le site lorrain de recherche est équipé d’infrastructures spécifiques réparties au sein de 60 laboratoires. L’Université de Lorraine et ses partenaires de recherche, désormais rassemblés sous la marque Unys, travaillent au quotidien à améliorer l’impact de leurs infrastructures de recherche au service de tous et toutes.
Depuis 2016, le programme INFRA+ de l’Initiative d’Excellence Lorraine a vocation à cartographier, optimiser et promouvoir l’ensemble des infrastructures du site Lorrain servant des communautés d’usagers plus larges qu’une équipe de recherche. Ces infrastructures de recherche ouvertes, souvent appelées plateformes, mettent à disposition des appareils de pointes et les compétences de personnels spécialistes pour mener à bien des missions ponctuelles ou récurrentes. Elles sont accessibles à tous ceux et celles qui en font la demande selon des procédures clairement établies. Etant intégrées aux laboratoires de recherche, elles sont un point-relais vers les chercheur·es et enseignant·es-chercheur·es du site. Etant intégrées à des réseaux métiers et des réseaux d’infrastructures nationales voire Européennes, elles donnent accès à un panel encore plus vaste de ressources.
Présentez-nous quelques éléments phares du bilan des 4 dernières années ?
Notre première tâche a été de finaliser le travail de cartographie des infrastructures ouvertes en Lorraine, tout en promouvant l’ouverture de l’ensemble des infrastructures qui le peuvent. Nous avons continué le travail de mise en démarche qualité de ces plateformes, toujours sur la base du volontariat grâce aux accompagnements individualisés par deux qualiticiennes dédiées au programme INFRA+. Aujourd’hui 53 plateformes sont labelisées INFRA+ et 5 sont en cours d’accompagnement. Un réseau de 29 auditeurs internes a été constitué afin d’assurer l’évaluation régulière du suivi de la démarche qualité, et ouvre une nouvelle voie d’interactions entre plateformes. Nous avons également construit un kit qualité INFRA+, rassemblant l’ensemble des documents et méthodes utilisables par une université ou un organisme de recherche pour mettre en démarche qualité une plateforme, et valorisé sous forme d’une formation déjà achetée par l’université de Strasbourg et l’université Paris-Saclay.
Nous avons posé les bases d’un système d’information, qui nous renseigne par exemple sur les 400 personnels et les plus de 70 M€ d’équipements constitutifs des plateformes. Ce système d’information, venant en complément des revues de direction, doit permettre un suivi de la trajectoire des plateformes, afin que les laboratoires et leurs tutelles puissent mettre en place les politiques nécessaires à l’utilisation optimale de celles-ci. Pour exemple, la masse salariale totale des 161 Biatss plateformes UL est d’environ 12M€/an. Durant les 4 dernières années, l’UL a remis au concours tous les postes ingénieurs et techniciens plateformes libérés (départ en retraite, etc.). Un nombre croissant de pôles scientifiques de l’UL mène une politique de jouvence de petits équipements. On peut également citer les 70 k€/an alloués par le programme ORION à douze plateformes INFRA+ pour permettre ou améliorer leur ouverture à des travaux pratiques pour des étudiants de Master. Le programme INFRA+ a également instauré un système de prêt à taux zéro pour parer à des pannes ou profiter d’opportunités. Cinq plateformes en ont bénéficié à hauteur de 116 k€.
La mise en visibilité des compétences et équipements des infrastructures du site lorrain constitue un enjeu important pour le programme INFRA+. Le site web Plug In Labs Lorraine a fait l’objet d’un travail continu durant les dernières années. Il offre désormais un moteur de recherche efficace pour trouver les équipements et compétences disponibles, puis prendre contact avec leurs responsables. 15800 visiteurs uniques l’ont utilisé en 2024 (une augmentation de 74% de fréquentation par rapport à 2023). Huit visites virtuelles de plateformes INFRA+ ont été réalisées dans le cadre du projet Pléiade. En interne, plus de 50 articles Factuel ont été publiés, qui offrent un éclairage complémentaire sur les plateformes, leurs services ou leurs évolutions récentes. 2 séminaires/an d’une journée, ateliers et webinaires sur des thématiques variées, rassemblant entre 70 et 100 participants, ont permis de former ou d’informer les personnels, de partager des bonnes pratiques, et surtout de présenter leurs activités de soutien à la recherche.
Quel plan d’actions envisagez-vous pour les 4 années à venir ?
Le premier objectif du programme INFRA+ pour les 4 ans à venir sera de pouvoir répondre le plus efficacement possible aux besoins des plateformes INFRA+ afin de leur permettre d’effectuer leur travail et d’évoluer dans les meilleures conditions possibles. Nous allons en parallèle continuer à promouvoir la mutualisation des instruments et des compétences des laboratoires, et à aider à la structuration de plateformes le cas échéant.
En ce qui concerne l’optimisation du fonctionnement des plateformes, l’accompagnement à la mise en place ou au bon fonctionnement de démarche qualité sera poursuivi avec en priorité le soutien aux plateformes en difficulté face au travail qualité. Un logiciel de gestion de leurs processus devra être trouvé pour répondre au besoin exprimé par plusieurs plateformes. Nous devrons augmenter encore le nombre de membres du réseau des auditeurs internes et de leurs compétences. Enfin, nous continuerons la formation/information des personnels en soutien au déploiement de nouveaux outils et des nouvelles politiques des établissements tutelles.
Pour accompagner au mieux la trajectoire des plateformes dans le temps long, nous devrons finaliser une interface numérique pérenne (et permettant de visualiser simplement les données) similaire au système d’information PLAIRE de l’infrastructure REGEF mais avec une architecture compatible avec les bases de données de l’université de Lorraine. Cette interface sera pré-remplie au maximum avec les données connues puis mise à disposition des personnels des plateformes pour suivre les évolutions dans le temps.
Nous continuerons, à notre échelle, à alimenter la collaboration vertueuse, et la convergence des pratiques, entre l’université de lorraine et les organismes nationaux de recherche en région. L’INRAE et le CHRU ont d’ores et déjà mis à disposition du programme INFRA+ 0.2 EqTP de personnels qualiticiens facilitant l’alignement des pratiques en termes de démarche qualité. Il faudra finaliser le travail d’inventaire réalisé pour les équipements UL à l’ensemble des équipements du site lorrain et tirer le meilleur parti de id-position,ainsi que le travail sur l’audibilité des prestations et la tarification unique. Des avancées significatives ont déjà été obtenues sur ces deux sujets grâce aux collaborations entre les services UL et CNRS. De manière générale, INFRA+ tentera de fluidifier les relations entre les laboratoires et les services centraux des tutelles. Par ailleurs, en dehors du site, nous tenterons d’étendre la collaboration florissante avec l’université de Strasbourg (et son programme Cortecs) aux autres universités de la région Grand Est d’une part, et au niveau national au sein d’UDICE d’autre part.
Enfin, en termes d’actions sur la visibilité des plateformes, l’effort sera mis sur la présentation des plateformes aux communautés de chercheurs du site et en région. Nous renforcerons le positionnement de Plug in labs Lorraine comme porte d’entrée unique du site lorrain pour la recherche de compétences et équipements. La communication externe sur les plateformes INFRA+ devra enfin être amplifiée, d’une part via le PUI POLARIS et une business developper dédiée pour ce qui concerne les partenaires privés, et d’autre part, via une information plus régulière à l’échelle nationale dans les réseaux et les outils de communication des organismes de recherche nationaux partenaires du site lorrain.
Un dernier mot ?
Vous me permettrez de finir cette interview en remerciant l’ensemble des personnels des plateformes INFRA+ qui œuvrent au quotidien à soutenir les travaux de recherche des laboratoires et de leurs partenaires, à les rendre plus visibles, à former les nouvelles générations de chercheurs, et qui, par la qualité de leurs services et de leur accueil, font de leurs plateformes un lieu d’échanges interdisciplinaires et humains. Je fais le vœu que le programme INFRA+, en lien avec l’ensemble des services support des établissements, puisse durant les 4 ans à venir continuer à faciliter leur travail et la fructification de ce dernier.
Découvrez le Bilan INFRA+ 2022-2025_et_Feuille de route 2026-2029 :







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