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Le réseau alumni PhD de l’Université de Lorraine vous invite à découvrir le parcours de Sarah Xing, CEO de CRYOSCAN. Sarah a soutenu en 2017 sa thèse à l’Université de Lorraine, au sein de l’Institut Jean Lamour.
Pourriez-vous revenir sur votre parcours ?
J’ai grandi entre Paris et Shanghai. Après un baccalauréat scientifique obtenu au lycée français de Shanghai, j’ai intégré les classes préparatoires au lycée Henri-Poincaré. C’est à ce moment-là que j’ai posé mes valises à Nancy pour la première fois… et je n’en suis finalement jamais repartie. À l’issue de la prépa, j’ai intégré l’ENSEM. Après une première année en école d’ingénieurs, j’ai réalisé que ce qui me passionnait réellement était la physique fondamentale. J’ai alors eu l’opportunité de revenir à la Faculté des sciences, où j’ai suivi une licence 3, puis un master de physique, avant de poursuivre avec un doctorat.
Qu’est-ce qui vous a motivée à entreprendre un doctorat à l’Université de Lorraine ?
Poursuivre un doctorat après mon master 2 s’est imposé comme une évidence. J’avais déjà eu l’opportunité de réaliser mes stages de M1 et de M2 au sein de groupes de recherche en collaboration avec mes futurs directeurs de thèse, ce qui m’a permis de me familiariser très tôt avec les techniques expérimentales et les thématiques scientifiques au cœur de mon sujet de doctorat. Grâce à ces collaborations, j’ai effectué mon stage de M1 à Madrid, puis mon stage de M2 à Montréal. Revenir ensuite « aux sources » pour ma thèse, en Lorraine — devenue au fil des années ma terre d’adoption — s’est donc imposé naturellement.
Pourriez-vous résumer les grandes lignes de votre thèse à l’Université de Lorraine et les enjeux principaux de vos travaux ?
Durant ma thèse j’ai élaboré des polymères conducteurs à l’échelle nanométriques, et ai étudié leurs propriétés électroniques grâce à la combinaisons de de 3 techniques d’analyse de surface complémentaires (Microscopie à effet tunnel, Spectroscopie à effet tunnel et Spectroscopie de photoémission résolue en angle). Cette thèse expérimentale m’a surtout offerte l’opportunité de faire mes premiers pas en instrumentations dans le domaine l’ultravide et de la cryogénie.
Pouvez-vous présenter CRYOSCAN ? Quels types de projets ou de clients accompagnez vous aujourd’hui ?
Cryoscan est une société fondée par Bertrand Kierren, professeur d’université, et Luc Moreau, ingénieur de recherche au CNRS, tous deux travaillant au sein de l’Institut Jean Lamour. Elle s’appuie sur un ensemble de savoir-faire en instrumentation scientifique dédiée aux environnements extrêmes : ultravide, cryogénie, forts champs magnétiques, entre autres. Aujourd’hui, nous accompagnons des chercheurs du monde académique en concevant de nouveaux instruments pour l’élaboration et l’analyse de matériaux. Nous travaillons également avec des clients industriels, qui bénéficient de notre expertise, notamment pour la simulation au sol des conditions spatiales (Airbus, Ariane, ADR-ALCEN, etc.) ou encore dans le domaine des technologies quantiques, avec des acteurs tels que C12 Quantum Electronics.
Qu’est-ce qui vous motive le plus dans ce rôle de CEO et qu’est-ce qui vous passionne au quotidien ?
Les responsabilités d’un président d’entreprise peuvent différer d’une organisation à une autre. Chez CRYOSCAN, l’alliance d’une vision scientifique forte et d’une stratégie de développement à la fois commerciale et structurante est essentielle. Ce qui m’anime particulièrement dans ce rôle, c’est de valoriser notre savoir-faire, de positionner CRYOSCAN parmi les leaders de l’instrumentation scientifique et de bâtir des collaborations étroites avec nos clients afin d’innover ensemble pour le monde de demain.
Comment s’est faite la transition entre votre doctorat et votre carrière dans l’industrie puis l’entrepreneuriat ?
Pendant ma thèse, Luc m’a accompagnée dans mes premiers pas en instrumentation : ensemble, nous avons diagnostiqué et réparé les machines sur lesquelles je travaillais. De son côté, Bertrand m’a proposé, à la fin de ma thèse, un poste de product manager au sein de la société — un poste créé spécialement pour moi. J’ai ainsi débuté chez Cryoscan en tant que product manager. Pendant plusieurs années, j’ai appris à connaître en profondeur nos produits et nos savoir-faire, tout en développant des collaborations avec des équipes de recherche, des fournisseurs et l’ensemble de notre écosystème. C’est donc assez naturellement que j’ai pris le poste de présidente de l’entreprise en 2021.
Quelles compétences issues de votre doctorat vous sont le plus utiles dans votre rôle actuel ?
Mon doctorat m’a apporté des compétences clés pour mon rôle actuel, notamment l’esprit critique, la rigueur scientifique et la capacité d’analyse et de synthèse, indispensables à la prise de décision. La curiosité et l’ouverture d’esprit me permettent d’identifier de nouvelles opportunités d’innovation. Le travail d’équipe facilite la collaboration avec des profils variés, internes et externes. La résilience m’aide à faire face aux défis et aux incertitudes propres à l’innovation. Enfin, mes bases scientifiques et techniques me permettent de dialoguer efficacement avec les équipes et partenaires.
Quels conseils donneriez-vous aux doctorants ou jeunes chercheurs qui s’interrogent sur leur avenir professionnel ?
Je leur conseillerais avant tout de rester ouverts aux différentes opportunités professionnelles et de ne pas se limiter aux parcours académiques traditionnels. Le doctorat permet de développer des compétences très recherchées dans le monde socio-économique — esprit critique, capacité d’analyse, gestion de projets complexes, travail en équipe et résilience — qu’il est important de savoir identifier et valoriser. Je les encourage également à aller à la rencontre des entreprises, à échanger avec des professionnels et à s’impliquer dans des projets collaboratifs afin de mieux comprendre les réalités du terrain. Enfin, il ne faut pas hésiter à faire confiance à sa curiosité et à ses envies : c’est souvent en sortant de sa zone de confort que se construisent les parcours les plus enrichissants.



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