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Une journée d’étude franco-allemande à l’INSPÉ de Lorraine interroge les racines et les réponses aux violences à l’école.
Comment reconnaître, comprendre et dépasser les violences scolaires ? C’est autour de cette question que se sont réunis chercheurs, enseignants et étudiants le 15 octobre 2025 à l’INSPÉ de Lorraine, lors d’une nouvelle édition des RDV de l’INSPÉ.
Organisée par Daniel Fischer, maître de conférences en histoire moderne, Jean-Michel Perez, professeur des universités en sciences de l’éducation, et Florence Soriano-Gafiuk, professeure des universités en mathématiques, cette journée a croisé les perspectives françaises et allemandes sur un sujet sensible, au cœur des enjeux éducatifs contemporains.
De la violence « éducative » à la non-violence comme norme
Première intervenante de la journée, Sarina Hoff, docteure en histoire à l’université Johannes-Gutenberg de Mayence, a retracé l’histoire des châtiments corporels dans les écoles allemandes.
Dans les années 1950, rappelle-t-elle, la violence physique était encore perçue comme un moyen de « redresser » l’élève, voire comme une forme d’« amour » éducatif. Deux décennies plus tard, le discours change radicalement : la non-violence devient une valeur morale et une norme sociale, portée par la mémoire du national-socialisme et la montée de la réflexion scientifique sur l’éducation.
Cette évolution, plus rapide en Allemagne qu’en France, souligne Florence Soriano-Gafiuk, met en lumière un écart persistant entre les deux systèmes éducatifs : « Le système français tend encore à générer des microviolences, là où le système allemand valorise davantage les micro-attentions », explique-t-elle, évoquant notamment la relation enseignant·e-élève.
Les microviolences, un angle mort du système français ?
Mais que recouvre cette notion de « microviolences » ? Jean-Michel Perez illustre ces formes souvent invisibles de maltraitance symbolique par l’exemple de l’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap.
« On ne parle pas d’inclusion, mais de simple tolérance », dénonce-t-il, évoquant une « hypocrisie organisationnelle » : malgré les discours, le cadre institutionnel évolue peu, laissant certains élèves isolés ou marginalisés.
La communication non violente, une piste pour apaiser les relations
Pour Laurent Muller, maître de conférences en sciences de l’éducation à l’INSPÉ de Lorraine, combattre les violences à l’école passe d’abord par une communication plus consciente.
Il présente les principes de la communication non violente (CNV) : observer sans juger, exprimer ses émotions, identifier ses besoins et formuler une demande plutôt qu’une exigence.
À Behren-lès-Forbach, la directrice de l’école Louis-Pasteur, Nadia Amrani, constate déjà les effets positifs du dispositif GIRAFE, inspiré de la CNV : baisse de l’absentéisme, diminution des tensions, meilleure cohésion entre élèves, enseignants et familles.
Ateliers participatifs : penser ensemble le vivre-ensemble
L’après-midi, trois ateliers ont permis aux participants de prolonger la réflexion.
Florence Soriano-Gafiuk a animé une fresque de la diversité, Laurent Muller a approfondi la pratique de la CNV, et Sabrina Sinigaglia-Amadio a introduit le relatiomètre, outil visuel pour analyser et améliorer les relations interpersonnelles au sein des communautés éducatives.
Former les futurs enseignants à la conscience du collectif
Au terme de la journée, un fil rouge s’impose : la lutte contre les violences scolaires ne se résume pas à des sanctions ou des protocoles, mais repose sur la construction patiente d’un collectif conscient, bienveillant et inclusif.
Une conviction partagée par les organisateurs : former les futurs enseignants à reconnaître les mécanismes de la violence, visibles ou invisibles, c’est déjà commencer à bâtir une école plus apaisée.



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