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De la biomasse à la chimie durable : le parcours d’un chercheur international à l’Université de Lorraine


RENCONTRE AVEC

Temps de lecture : 5 minutes

Mohd Hazwan Hussin a obtenu son doctorat en double diplôme (cotutelle de thèse) avec l’Université de Lorraine et l’Univerisiti Sains Malaysia (USM). Il a désormais le titre de Full Professor à USM depuis Avril 2025 et fait le lien entre les deux universités. Il est l’illustration parfaite du pont entre deux pays, deux universités qui se ressemblent et deux cultures qui se complètent.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre recherche doctorale ?

Je m’appelle Mohd Hazwan Hussin et je suis aujourd’hui professeur de chimie industrielle à la School of Chemical Sciences de l’Universiti Sains Malaysia.
Mes travaux de doctorat portaient sur la valorisation des déchets de biomasse issus du palmier à huile pour la protection contre la corrosion. L’objectif principal était de développer des inhibiteurs de corrosion innovants et respectueux de l’environnement, afin de réduire le recours aux additifs chimiques conventionnels, souvent toxiques.
Ces recherches ont contribué à une meilleure compréhension des mécanismes de corrosion et à l’émergence de stratégies durables pour la protection des métaux industriels. Elles se sont par la suite élargies à des thématiques plus globales autour de la chimie verte et de la valorisation de la biomasse, qui constituent encore aujourd’hui le cœur de mes travaux.

Pourquoi avoir choisi la France et l’Université de Lorraine dans votre parcours académique ?

J’ai choisi de venir en France en raison de la forte tradition du pays en sciences des matériaux, en électrochimie et en ingénierie. L’Université de Lorraine s’est rapidement imposée comme une évidence, notamment grâce à la reconnaissance internationale de ses laboratoires et à son expertise en recherche sur la biomasse et les matériaux avancés.
J’ai eu l’opportunité de travailler au sein du LERMAB, sous la direction du Pr Nicolas Brosse, spécialiste des sciences du bois et des fibres. La possibilité de collaborer avec des experts de premier plan et d’accéder à des infrastructures de recherche de haut niveau a été déterminante. L’approche interdisciplinaire portée par l’Université de Lorraine correspondait parfaitement à mes centres d’intérêt scientifiques.

Quels défis et quelles opportunités avez-vous rencontrés lors de votre séjour en France ?

L’un des principaux défis a été l’adaptation à un nouvel environnement académique et linguistique. Le système de recherche français est exigeant et très structuré, ce qui demande du temps et de la flexibilité.
Ces difficultés se sont toutefois rapidement transformées en opportunités. J’ai commencé à apprendre le français pour mieux m’intégrer et j’ai travaillé au sein d’équipes internationales, ce qui m’a permis de découvrir de nouvelles méthodes d’analyse, d’élargir mes perspectives scientifiques et de renforcer mes compétences collaboratives. Ces échanges ont donné naissance à des réseaux de recherche durables, toujours actifs aujourd’hui.

Quels souvenirs marquants retenez-vous de votre expérience en France ?

Mon séjour en France reste un chapitre profondément marquant de mon parcours académique. Par exemple, j’ai rencontré plusieurs scientifiques de renom, tels que le Pr Antonio Pizzi et le Pr Jack Saddler, lors de sa visite à Épinal en 2012.
Au-delà de la formation scientifique, j’ai acquis de précieuses expériences personnelles et culturelles en vivant dans un environnement diversifié et intellectuellement stimulant. J’ai également apprécié visiter des villes proches de Nancy, comme Metz et Strasbourg, et admirer l’architecture ancienne de leurs bâtiments historiques.
Cette expérience a renforcé ma résilience, élargi ma vision du monde et amélioré ma capacité à travailler efficacement dans des contextes interculturels. Elle a également influencé mon parcours professionnel en consolidant mon engagement en faveur du développement de solutions durables pour la valorisation de la biomasse et en inspirant les collaborations internationales qui soutiennent aujourd’hui de nombreux projets de recherche.

Quel conseil donneriez-vous aux doctorant·es qui envisagent une mobilité internationale ?

Je leur conseillerais d’aborder cette expérience avec ouverture, curiosité et volonté de sortir de leur zone de confort. De solides compétences en communication, tant scientifiques qu’interpersonnelles, sont essentielles.
Il est tout aussi important de développer son adaptabilité et sa sensibilité interculturelle. Une mobilité internationale offre une exposition précieuse à de nouvelles techniques, à d’autres façons de penser la recherche et à des réseaux scientifiques internationaux. En considérant les défis comme des opportunités d’apprentissage, cette expérience peut devenir un véritable accélérateur de parcours académique et professionnel.

« Mon séjour à l’Université de Lorraine a renforcé mon engagement pour une recherche durable et a posé les bases de collaborations internationales qui structurent encore aujourd’hui mes projets scientifiques. »