Temps de lecture : 4 minutes
Aux sources d’une école émancipatrice, Freinet par Freinet : un film manifeste en ouverture des Journées européennes à l’INSPE d’Epinal
À l’occasion des Journées d’études européennes consacrées à l’Éducation Nouvelle, l’INSPE d’Épinal a ouvert ses travaux avec la projection du film Freinet par Freinet, réalisé par Michel Mulat (Institut Coopératif de l’Ecole Moderne). Un choix fort et profondément cohérent : donner la parole à Célestin Freinet lui-même pour interroger aujourd’hui les enjeux de l’école et de la formation des enseignants.
Au delà d’un simple documentaire d’archives, Freinet par Freinet propose une immersion vivante dans une pensée pédagogique en mouvement.
À travers des extraits de conférences, des images d’archives et des séquences contemporaines filmées dans différents contextes — de la maternelle au lycée, de l’Europe à l’Amérique latine — le film donne à voir une pédagogie qui ne s’apprend pas « avec les oreilles », mais avec « les yeux et les mains en activité » : l’agir. Loin du format télévisuel conventionnel, l’image ne se contente pas d’illustrer le discours : elle le prolonge, le questionne et l’ouvre vers d’autres possibles.
En ouverture de ces journées européennes, ce film rappelle avec force que la pédagogie Freinet s’inscrit dans l’histoire des mouvements internationaux de transformation de l’école, notamment à travers l’Internationale des travailleurs de l’enseignement, fondée en 1922 dans le sillage pacifiste de l’après-guerre. Il éclaire les sources plurielles d’une pensée qui va de Rabelais à Kroupskaïa, de Sébastien Faure à Krishnamurti, et réaffirme le refus de toute pédagogie autoritaire, au profit d’une discipline comprise comme organisation coopérative du travail et de la vie collective.
Le film met en lumière les principes structurants de cette pédagogie : la coopération, la méthode naturelle, le tâtonnement expérimental, mais aussi les pratiques novatrices telles que les plans de travail, les fichiers autocorrectifs, les sorties scolaires repensées comme expériences fondatrices, ou encore les brevets, dispositifs d’évaluation radicalement alternatifs aux logiques de certification et de sélection. Autant d’éléments qui interrogent avec acuité nos systèmes éducatifs contemporains.
En donnant à voir des classes en activité — en France, au Brésil, au Togo, en Pologne — Freinet par Freinet montre que cette pédagogie demeure une force vive, capable de créer des espaces d’apprentissage au cœur même des contextes les plus fragilisés. L’école y apparaît non comme un lieu d’adaptation passive à l’ordre social, mais comme un espace de formation de citoyens capables de penser, de coopérer et de dire non.
Proposer ce film en ouverture des Journées d’études européennes sur l’Éducation Nouvelle, c’est affirmer que la réflexion théorique ne peut être dissociée de la pratique, que la formation des enseignants gagne à se nourrir d’expériences incarnées, et que les débats contemporains sur l’autorité, l’évaluation, la discipline ou l’engagement trouvent chez Célestin Freinet une profondeur historique et une actualité saisissantes.
À l’INSPE d’Épinal, cette projection inaugurale était une forme d’invitation à prolonger, expérimenter, questionner. Non pas célébrer une figure patrimoniale, mais rouvrir un chantier toujours vivant — celui d’une école émancipatrice, coopérative et profondément démocratique.
Le film est disponible sur le site : archives-freinet.org/documents/pour prolonger la PF .
Célestin Freinet au 6ᵉ congrès de l’École Moderne (Avril 1950)
Le 6ᵉ congrès de l’École Moderne (ICEM) tenu à Nancy du 3 au 6 avril 1950, auquel participa Célestin Freinet, sur le thème suivant : « Par une éducation libératrice, nous préparons en l’enfant, l’homme de demain. » un mot d’ordre qui résume la philosophie pédagogique du mouvement Freinet : une école coopérative, active et socialement engagée. Le congrès s’est déroulé à la Maison du peuple de Nancy. C’est lors de ce congrès que Freinet présente et fait adopter une charte d’unité du mouvement de l’École moderne, qui deviendra plus tard la Charte de l’École Moderne, texte fondateur du mouvement pédagogique.





![Vers l'article [MT180] La finale de l’Université de Lorraine](https://factuel.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/2026/02/2026-MT180-Visuel-miniature-finale-213x300.jpg)







![Vers l'article [Midi discussion] Les publics minorisés et l’accès au soin](https://factuel.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/2025/12/AdobeStock_295549940-300x188.jpg)
![Vers l'article [Exposition] Laurent Schwartz, des mathématiques à l’engagement politique](https://factuel.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/2025/11/Poster_laurent_schwartz_IECL_Metz_A3-compressed-212x300.jpg)
