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Boursière d’excellence ORION durant son Master, Doriane Nemes est aujourd’hui doctorante en littérature anglophone au sein de l’Unité de Recherche IDEA. Elle revient sur son parcours, son expérience de la bourse ORION et la manière dont celle-ci a accompagné son entrée dans le monde de la recherche.
Factuel : Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Doriane : Je m’appelle Doriane Nemes, et je suis actuellement en deuxième année de thèse à l’Université de Lorraine. Après avoir obtenu un baccalauréat scientifique, je me suis assez rapidement réorienté vers des études littéraires. J’ai suivi une Licence LLCER Anglais, que j’ai obtenue avec la mention Très Bien. La recherche m’ayant particulièrement intéressée durant mes années de Licence, j’ai naturellement poursuivi mes études au sein du Master «Langues et sociétés », parcours «Mondes Anglophones », orientation «Livres, Textes, Matérialités » (Recherche). Ce Master, également obtenu avec la mention Très Bien, m’a confortée dans l’idée de continuer mes études dans le domaine de la recherche.
Ensuite, j’ai décidé de préparer l’Agrégation externe d’anglais, à la fois par goût pour l’enseignement et dans une logique de sécurité professionnelle post-thèse. J’ai eu la chance de réussir ce concours l’année dernière, en même temps que j’obtenais un contrat doctoral. Cela m’a permis de débuter ma thèse en septembre dernier, sous la direction conjointe de Xavier Giudicelli (Université Paris-Nanterre) et Nathalie Collé (Université de Lorraine).
Factuel : Comment as-tu découvert la bourse ORION et qu’est-ce qui t’a donné envie de postuler ?
Doriane : J’en ai entendu parler par une ancienne boursière, qui était alors en Master 2. Elle venait d’obtenir la bourse ORION et m’en a parlé avec beaucoup d’enthousiasme. J’ai été immédiatement intéressée car la recherche correspondait pleinement à mes aspirations. Au vu de mon profil et de mon projet professionnel, ma directrice de recherche, Barbara Schmidt, m’a vivement encouragée à postuler, et j’ai eu la chance que mon dossier soit retenu.
Factuel : Où as-tu réalisé ton stage de Master 2 et quel était ton sujet ? Que retiens-tu de cette expérience ?
Doriane : J’ai effectué mon stage au sein de l’Unité de Recherche IDEA. J’ai voulu profiter de cette occasion pour explorer la recherche sous différents angles. Je n’avais pas de sujet de stage défini : j’ai travaillé à la préparation de mon projet de thèse, mais aussi à la relecture et à la correction d’ouvrages, à l’organisation de manifestations scientifiques et à la rédaction de comptes rendus pour la newsletter de mon Unité de Recherche. J’ai également co-édité un ouvrage, Jan Carson’s Poetics of Care : ‘Art is How we Process our Humanity’ (EDUL, 2024) et réalisé ma première communication lors d’une journée d’étude. Dans le domaine des sciences humaines, il est difficile de mener des recherches approfondies sur une courte période, donc j’ai préféré varier les missions tout en construisant les fondations de mon projet doctoral.
Cette expérience m’a d’abord apporté une réelle sérénité financière, ce qui n’est pas négligeable en Master 2. Toutefois, ce stage a surtout renforcé ma certitude de vouloir poursuivre mes études dans le domaine de la recherche. Il m’a permis de faire des rencontres importantes, que ce soit avec des doctorants avec lesquels je travaille encore aujourd’hui, avec mes directeurs de thèse, ou encore avec d’autres collègues avec qui j’ai noué des liens professionnels solides. Ce stage m’a permis de m’intégrer pleinement dans la vie de mon Unité de Recherche, ce qui a grandement facilité mon entrée en Doctorat.
Factuel : Concrètement, qu’est-ce que la bourse ORION t’a apporté, que ce soit sur le plan académique, professionnel ou personnel ?
Doriane : Cette bourse m’a permis de me consacrer entièrement à mes études, sans avoir besoin de chercher un emploi à côté. Elle m’a également donné l’occasion de participer à de nombreuses activités de recherche, allant de l’édition d’ouvrages à l’organisation de manifestations scientifiques. J’ai eu le plaisir et l’honneur de travailler avec certains chercheurs qui m’ont beaucoup apporté, tant sur le plan scientifique qu’humain, et avec lesquels je continue à collaborer à l’heure actuelle. C’est notamment le cas de Monica Latham, que je tiens à remercier encore une fois pour son soutien indéfectible. En somme, la bourse ORION a vivement facilité mon intégration au sein de mon Unité de Recherche : lorsque j’ai débuté ma thèse à IDEA, j’avais l’impression de revenir « à la maison ».
Factuel : Aujourd’hui, tu es doctorante au sein de l’Unité de Recherche IDEA. Comment vis-tu ce nouveau chapitre ? Peux-tu nous parler de ta thèse et des moments forts depuis le début ?
Doriane : Je le vis très bien ! J’évolue dans un cadre stimulant, entourée de collègues et d’encadrants bienveillants. Dans le cadre de ma thèse, je travaille sur la réception satirique d’Oscar Wilde à la fin du XIXe siècle. Mon objectif est d’étudier la manière dont la place centrale des objets dans la vie et l’oeuvre de Wilde a été tournée en dérision par ses détracteurs. Ma thèse vise à démontrer que la satire de l’esthétisme wildien a eu pour effet principal la réification métonymique de l’auteur, réduit à certains éléments-clés de la culture matérielle esthétique. J’entends néanmoins montrer que la satire a aussi paradoxalement contribué à la visibilité grandissante de Wilde, participant ainsi à la démarche de commercialisation qu’il avait lui-même entreprise. Ma thèse se situe au carrefour des études littéraires, des études sur la réception et des études sur la culture visuelle et matérielle.
L’un des moments forts de ma première année de thèse a sans doute été la journée du 5 octobre 2024, lorsque j’ai retrouvé mes directeurs de thèse à Paris, à l’occasion des journées d’automne de la SAES (Société des Anglicistes de l’Enseignement Supérieur), quelques jours seulement après le début officiel de mon contrat doctoral. Cette journée a marqué le lancement symbolique de mon Doctorat.
Factuel : Toi qui as bénéficié de la bourse d’excellence ORION, quel conseil donnerais-tu à un·e étudiant·e hésitant à découvrir le monde scientifique par ce biais ?
Doriane : Je lui conseillerais d’échanger avec son directeur ou sa directrice de recherche, ainsi qu’avec d’anciens boursiers, car les retours d’expérience sont précieux. Par ailleurs, comme le nom du programme ORION l’indique, il faut oser : on n’a rien à perdre, mais tout à y gagner. Pour ce qui est de la candidature, je pense qu’il est important de montrer sa motivation, non seulement à travers ses recherches personnelles, mais également par une implication dans la vie de son Unité de Recherche (en assistant à des manifestations scientifiques, en échangeant avec les enseignants-chercheurs, …).









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