Logo UL avec lien vers le site de l'Université de Lorraine

[3 questions à] Marine Beaumont et Julie Glikman, lauréates lorraines du prix science ouverte des données de la recherche, édition 2025


Temps de lecture : 4 minutes

Le 1er décembre 2025, deux chercheuses de l’Université de Lorraine, Marine Beaumont du laboratoire IADI (CHRU Nancy, Inserm, Université de Lorraine) et Julie Glikman, enseignante-chercheuse à l’ATILF (CNRS – Université de Lorraine), ont chacune reçu un prix science ouverte des données de la recherche pour leur projet. Retour sur leur démarche scientifique, leur engagement en faveur de l’ouverture de la science et la portée de ce prix.

Pouvez-vous présenter votre projet ?

Marine Beaumont : La plateforme ArchiMed (Plateforme ArchiMed – Centre d’Investigation Clinique – Innovations Technologique du CHRU de Nancy) est un outil pour la gestion des images et signaux en recherche clinique, de la centralisation à la mise à disposition. Elle est développée depuis 15 ans par le CIC-IT de Nancy pour répondre à tous les défis associés à l’utilisation de l’imagerie médicale en recherche : la multimodalité (IRM, scanner, échographie…), l’hétérogénéité des systèmes d’acquisition et des outils d’analyse et bien sûr la diversité des applications médicales (neuro, cardio, abdo, gyneco, ortho…). Nous hébergeons les données de plus de 180 études ce qui représente près de 72 000 examens d’imagerie.

Julie Glikman : LesVocaux est constitué de messages vocaux échangés par téléphone sur des applications de discussion (comme WhatsApp, etc.). C’est le premier corpus rassemblant des données de ce nouveau mode de communication. Pour l’étude de la langue, c’est un accès privilégié à des données spontanées produites en contexte non surveillé et relevant de l’intime. Ce projet nous permet ainsi d’étudier la parole naturelle sans les biais des recueils en laboratoire, mais aussi en contexte de communication médiée.

Quelle a été votre démarche de science ouverte ?

MB : Nous connaissons le potentiel des base de données massives. Depuis 5 ans nous annotons systématiquement les images que nous intégrons sur la plateforme selon des référentiels prédéfinis, c’est un travail considérable. L’idée est d’harmoniser la base afin de réaliser des requêtes efficaces et optimiser la réutilisation des données car c’est une démarche que nous soutenons. Nous avons beaucoup travaillé sur les aspects réglementaires, très présents dans le domaine de la recherche clinique, afin de les anticiper et faciliter l’accès aux données.

JG : La possibilité de diffuser librement le corpus a été au coeur de notre démarche dès la préparation du projet. Pour moi, c’est fondamental pour permettre l’avancée des connaissances, en particulier sur ce genre de données nouvelles. Cela permet aussi de donner une plus grande visibilité au projet. Pour cela, il a fallu faire un long travail de préparation en amont avec la DPO de l’Université de Strasbourg autour du formulaire d’information et de consentement éclairé, et la méthode de recueil via internet complique la procédure.

Pourquoi avoir candidaté à ce prix et que signifie-t-il pour vous ?

MB : j’ai eu connaissance des prix Science Ouverte des Données de la Recherche via Factuel 🙂 J’ai d’abord craint que nous ne soyons pas concernés jusqu’à découvrir la catégorie dans laquelle nous avons été primés : « Créer les conditions de la réutilisation ». Les opportunités de valoriser ce type de projet sont rares et c’était une occasion à ne pas rater ! Etre lauréat apporte de la reconnaissance, et c’est important pour l’équipe, de la légitimité, et cela nous donne l’occasion de communiquer et rendre visible la plateforme ArchiMed auprès de notre communauté.

JG : J’ai eu connaissance de ce prix grâce à l’atelier de la donnée ADOC Lorraine, et l’équipe m’a accompagnée dans la préparation du dossier. Ce prix est l’occasion de reconnaitre et de mettre en avant le travail de toute notre équipe, depuis la collecte jusqu’à l’hébergement sur la plateforme Ortolang gérée à l’ATILF et le site de diffusion hébergé à l’Université de Liège. Ce prix est aussi la reconnaissance de l’originalité de notre projet et de son côté précurseur, comme nous l’avons remporté dans la catégorie « Jeu de données manquantes ».

Besoin d’aide pour gérer et partager vos données de la recherche ? Contactez le service dédié, ADOC Lorraine, à l’adresse donnees-recherche@univ-lorraine.fr

© Christophe PEUS / Université-Paris-Saclay